Le 7 mai 2015, Cory Verbauwhede, étudiant au doctorat affilié au CHRS (dir. Martin Petitclerc), a donné une entrevue à ICI Radio-Canada Saskatchewan.
L’entrevue portait sur un projet de loi qui avait été présenté la veille à l’assemblée législative de cette province et qui propose d’autoriser aux médecins participant au régime public de facturer directement aux patients un examen d’imagerie à résonance magnétique pour chaque examen fourni à un patient sur une liste d’attente publique, ouvrant ainsi la voie à une pratique à deux vitesses telle que déjà connue au Québec. Pour écouter l’entrevue, cliquez ici. Le rapport de l’organisme Médecins québécois pour le régime public sur la radiologie, dont Cory Verbauwhede a été co-auteur, est disponible ici.
Contexte : le 6 mai 2015, le gouvernement de la Saskatchewan a déposé le projet de loi 179, The MRI Facilities Licensing Act, qui autoriserait les cliniques privées de radiologie à offrir un examen d’imagerie par résonance magnétique à un patient payant de sa poche pour chaque patient inscrit sur une liste d’attente publique à qui la clinique offre un examen dans le cadre du régime public. Ce faisant, la Saskatchewan s’apprête à ouvrir la porte à une pratique mixte en imagerie, ce que le Québec connaît déjà depuis plusieurs dizaines d’années (depuis 1995 pour les IRM, mais depuis 1980 pour les échographies). Au Québec, ce système à deux vitesses à mené à de graves iniquités dans l’accès aux services médicaux publics, puisque les patients pouvant payer, ou étant couverts par des assurances privées (mais aussi les assurés de la CSST ou de la SAAQ), obtiennent des examens, et donc des traitements, avant les patients inscrits sur des listes d’attente publiques.
Plus inquiétant encore, ce sont les mêmes médecins spécialistes qui pratiquent dans le public et dans le privé, ce qui a mené à une situation absurde où le Québec fait « moins avec plus » comparé au reste du Canada. En effet, selon les statistiques de l’Institut canadien d’information sur la santé, en 2011, au Québec, nous avions plus de radiologistes, plus de techniciens en radiologie et plus de scanners IRM que nos concitoyens, mais aussi les listes d’attente les plus longues! Cette injustice fondamentale qui dénature notre système public de santé s’explique par le fait qu’il y a une sur-offre au privé et que les médecins ne sont pas aussi disponibles au public puisqu’ils partagent leur temps à l’hôpital avec leurs cliniques privées.