Aux origines de la société du risque : les risques sociaux et les assurances sociales au Québec et au Canada (1919-1945)

 

Organisme(s) subventionnaire(s)

Gouvernement du Québec : Fonds de recherche sur la société et la culture (FQRSC – Jeune chercheur)

Années

2009-2013

Chercheur(s) CHRS

 

La remise en question de l’État-providence, et en particulier du système de santé québécois, est au coeur de ce projet de recherche. Cette remise en question a bien signifié la fin du grand consensus social établi lors de la Révolution tranquille. Ce consensus découlait d’une certaine idée des risques sociaux que la collectivité devait assumer, idée qui avait été l’objet de conflits et de négociations depuis les années 1920. Le rôle que devait jouer l’assurance, non pas en tant que simple technique «neutre» de répartition des risques, mais plutôt en tant que forme politique que devait prendre la solidarité dans les sociétés libérales, a été au coeur de ces conflits et de ces négociations. Le présent projet vise donc à éclairer ces enjeux à partir d’une réflexion historique sur la construction des risques sociaux et leur prise en charge par les mécanismes de l’assurance sociale au Québec et au Canada entre 1919 et 1945. Plus précisément, nous analyserons trois événements fortement imbriqués, soit les travaux de la Commission provinciale sur les assurances sociales (1931-1933), ceux de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (1928-1945) et, enfin, les débats entourant l’assurance-maladie entre 1919 et 1945. Si nos hypothèses s’avéraient fondées, nous pourront montrer que la «solution assurancielle» à la question sociale, telle qu’elle a été négociée dans l’entre-guerre, a débouché sur une forme appauvrie du lien social et de la solidarité, posant ainsi les germes des contradictions du système de protection sociale actuel.