{"id":9830,"date":"2022-03-22T11:08:48","date_gmt":"2022-03-22T15:08:48","guid":{"rendered":"https:\/\/chrs.dev.uqam.ca\/?p=9830"},"modified":"2022-03-22T13:23:09","modified_gmt":"2022-03-22T17:23:09","slug":"entretien-avec-catherine-tremblay","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/2022\/03\/22\/entretien-avec-catherine-tremblay\/","title":{"rendered":"Entretien avec Catherine Tremblay"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Catherine Tremblay a soutenu le 1<sup>er<\/sup> f\u00e9vrier 2022 une th\u00e8se en histoire intitul\u00e9e <a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"\u00ab Plus que des histoires de jeunesse. Les mineur.e.s devant les tribunaux dans la r\u00e9gion du Saguenay\u2015Lac-Saint-Jean entre 1950 et 1977 \u00bb (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/savoirs.usherbrooke.ca\/handle\/11143\/19062?fbclid=IwAR34dw68ljeJYNRjzKOg7YbMXGxPubVPyQnz761uWbkBFUp00zC4UmbkbOQ\" target=\"_blank\">\u00ab Plus que des histoires de jeunesse. Les mineur.e.s devant les tribunaux dans la r\u00e9gion du Saguenay\u2015Lac-Saint-Jean entre 1950 et 1977 \u00bb<\/a>, dirig\u00e9e par Louise Bienvenue, professeure titulaire au D\u00e9partement d\u2019histoire de l\u2019Universit\u00e9 de Sherbrooke et Peter Gossage, professeur au D\u00e9partement d\u2019histoire de l\u2019Universit\u00e9 Concordia. Elle est aujourd\u2019hui professeure associ\u00e9e au D\u00e9partement des sciences humaines et sociales de l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Chicoutimi. Durant son parcours doctoral, Catherine a \u00e9t\u00e9 membre \u00e9tudiante du Centre d\u2019histoire des r\u00e9gulations sociales. V\u00e9ronika Brandl-Mouton a recueilli ses propos sur sa recherche.\u00a0<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>V\u00e9ronika Brandl-Mouton (VBM)&nbsp;: Quel est le parcours qui vous a men\u00e9e \u00e0 vous int\u00e9resser \u00e0 l\u2019histoire des mineur.e.s et de leurs familles devant la justice au Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean entre 1950 et 1977?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Catherine Tremblay (CT)&nbsp;:<\/strong> La justice juv\u00e9nile n\u2019\u00e9tait pas mon sujet de recherche au d\u00e9but de mes \u00e9tudes. C\u2019est plus le hasard qui m\u2019a amen\u00e9e \u00e0 m\u2019y int\u00e9resser. \u00c0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2015, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e comme assistante de recherche par ma directrice Louise Bienvenue pour effectuer une \u00e9valuation du fonds d\u2019archives de la Cour de bien-\u00eatre social de Chicoutimi. Honn\u00eatement, \u00e0 ce moment, je ne connaissais rien de ce tribunal. Cependant, assez rapidement, ce fonds qui n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9 auparavant a mobilis\u00e9 toute mon attention. \u00c0 la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9, j\u2019ai quitt\u00e9 ces archives, un peu tristement, et avec la t\u00eate pleine de questions. Apr\u00e8s une discussion avec Louise, nous avons convenu d\u2019en faire mon sujet de recherche.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re question qu\u2019avait soulev\u00e9e ma rencontre avec ces archives \u00e9tait de savoir o\u00f9 comparaissaient les mineur.e.s de la r\u00e9gion avant l\u2019implantation d\u2019une Cour de bien-\u00eatre social (CBES). En effet, ce tribunal sp\u00e9cialis\u00e9 en mati\u00e8re de justice juv\u00e9nile n\u2019avait \u00e9t\u00e9 implant\u00e9 dans la r\u00e9gion du Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean qu\u2019\u00e0 la toute fin de l\u2019ann\u00e9e 1962, alors que dans les grands centres comme Montr\u00e9al, une CBES \u00e9tait en fonction d\u00e8s 1950, soit l\u2019ann\u00e9e de cr\u00e9ation de ce tribunal. Quelques recherches ont permis de constater que pour la p\u00e9riode de 1950 \u00e0 1963, les mineur.e.s de la r\u00e9gion \u00e9taient jug\u00e9.e.s devant la Cour de sessions de la paix, un tribunal de juridiction criminelle. Ce constat m&rsquo;a \u00e9videmment amen\u00e9 \u00e0 son tour son lot de questions. Comment s\u2019\u00e9tait organis\u00e9e la justice \u00e0 l\u2019\u00e9gard des mineur.e.s lorsqu\u2019iels comparaissaient devant un tribunal de juridiction criminelle d\u00e9di\u00e9 aux adultes ? Est-ce que la cour adaptait ces pratiques pour prendre en consid\u00e9ration les principes \u00e9dict\u00e9s par la Loi des \u00e9coles de protection de la jeunesse, adopt\u00e9e en 1950, qui endossait clairement une approche protectionnelle en mati\u00e8re de justice juv\u00e9nile ? Ces questionnements m&rsquo;ont pouss\u00e9e \u00e0 consulter un autre fonds d\u2019archives, celui de la Cour des sessions de la paix de Chicoutimi, fonds qui n\u2019avait pas non plus \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9. C\u2019est donc en grande partie ces premiers questionnements, de m\u00eame que le plaisir de \u00ab r\u00e9veiller \u00bb deux fonds d\u2019archives en dormance, qui ont nourri mon int\u00e9r\u00eat pour l\u2019histoire de la justice des mineur.e.s et de leurs familles dans la r\u00e9gion du Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>VBM&nbsp;: Qu\u2019est-ce qui a caract\u00e9ris\u00e9 la singularit\u00e9 de ce sujet ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>CT&nbsp;:<\/strong> Les historien.ne.s qui se sont int\u00e9ress\u00e9.e.s \u00e0 la justice juv\u00e9nile au Qu\u00e9bec ont jusqu\u2019\u00e0 maintenant principalement port\u00e9 leur regard sur les exp\u00e9riences qui se sont d\u00e9roul\u00e9es dans les grands centres (Montr\u00e9al, Qu\u00e9bec, Sherbrooke). Cette tendance est autant vraie pour les tribunaux que pour les institutions n\u00e9cessaires \u00e0 leur fonctionnement, comme les \u00e9coles de protection de la jeunesse. Il est aussi vrai que ces recherches ont principalement investigu\u00e9 la p\u00e9riode allant du milieu du 19e si\u00e8cle jusqu\u2019au milieu du 20e si\u00e8cle. Il \u00e9tait ainsi pertinent d\u2019une part d\u2019excentrer le regard, pour tenter de comprendre comment s\u2019\u00e9tait d\u00e9ploy\u00e9e et organis\u00e9e la justice juv\u00e9nile dans les r\u00e9gions du Qu\u00e9bec, et d\u2019autre part, de consid\u00e9rer la p\u00e9riode se d\u00e9ployant en aval de la Seconde Guerre mondiale.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les archives de la CBES du Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean offraient \u00e9galement la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9clairer un point d\u2019ombre de l\u2019historiographie, soit la question des mineur.e.s autochtones devant les tribunaux sp\u00e9cialis\u00e9s. En effet, en ce qui concerne les Premi\u00e8res Nations, les travaux ont principalement \u00e9t\u00e9 ax\u00e9s autour des adultes. Ainsi, les mineur.e.s issu.e.s des Premi\u00e8res Nations, qui avaient comparu devant les tribunaux juv\u00e9niles dans les ann\u00e9es 1950 \u00e0 1970, n\u2019avaient pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de cette attention. Mes sources ont permis de poser quelques pistes de r\u00e9flexion \u00e0 partir des dossiers des mineur.e.s ilnu.e.s de Mashteuiatsh qui ont comparu devant la CBES \u00e0 Roberval de 1963 \u00e0 1977.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>VBM&nbsp;: Quelles sont les principales conclusions d\u00e9velopp\u00e9es au sein de votre th\u00e8se ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>CT&nbsp;: <\/strong>J\u2019ai pu constater que, malgr\u00e9 l\u2019absence d\u2019une CBES pendant un peu plus d\u2019une d\u00e9cennie, une justice sp\u00e9cialis\u00e9e pour les mineur.e.s se met en place, voire se bricole, dans la r\u00e9gion, et ce principalement sous l\u2019impulsion des expert.e.s de l\u2019enfance, comme les travailleurs.euses sociaux.ales. Ces expert.e.s sont appel\u00e9.e.s \u00e0 la cour, \u00e0 la demande du juge, et vont favoriser l\u2019adoption de mesures ouvertes telles que pr\u00e9conis\u00e9es par la <em>Loi des \u00e9coles de protection de la jeunesse<\/em>. En fait, la Cour des sessions de la paix lors de la comparution de mineur.e.s passe progressivement du p\u00e9nal au social, notamment \u00e0 partir de 1956, alors que des mineurs pr\u00e9sum\u00e9s \u00ab expos\u00e9s \u00e0 des dangers physiques ou moraux \u00bb comparaissent devant ce tribunal. J\u2019ai donc constat\u00e9 qu\u2019en amont de l\u2019implantation d\u2019un tribunal sp\u00e9cialis\u00e9, la justice juv\u00e9nile dans la r\u00e9gion conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 d\u2019importantes transformations. Ainsi, l\u2019ouverture d\u2019une CBES en 1963 ne marque pas une rupture dans les pratiques, mais s\u2019inscrit plut\u00f4t dans la continuit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre \u00e9l\u00e9ment qui marque la justice juv\u00e9nile dans la r\u00e9gion est le manque de ressources humaines, institutionnelles ou mat\u00e9rielles. Cette r\u00e9alit\u00e9 demeure palpable, m\u00eame dans les ann\u00e9es 1960, malgr\u00e9 l\u2019ouverture des instituts Lachenaie \u00e0 Roberval et Saint-Georges \u00e0 Chicoutimi, tous deux d\u00e9di\u00e9s aux mineur.e.s. L\u2019utilisation de la prison commune comme lieu de d\u00e9tention provisoire, pendant toute la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e, est un exemple qui r\u00e9v\u00e8le les ajustements que l\u2019on retrouve dans les pratiques de la justice qui se trouve modul\u00e9e par la r\u00e9alit\u00e9 r\u00e9gionale et par des consid\u00e9rations assez imm\u00e9diates de placement temporaire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne le portrait des mineur.e.s qui comparaissent, un point important se d\u00e9gage concernant la dimension du genre. En effet, la justice juv\u00e9nile n\u2019est pas indiff\u00e9rente \u00e0 la question du genre. Toutefois, je pensais que la lib\u00e9ralisation des m\u0153urs dans les ann\u00e9es 1960 et 1970 transformerait \u00e9ventuellement la mani\u00e8re d\u2019envisager les comportements jug\u00e9s d\u00e9linquants, notamment en ce qui implique les jeunes filles. Dans les faits, on semble plut\u00f4t assister \u00e0 une crispation des mod\u00e8les r\u00e9gulatoires. Il demeure que la sexualit\u00e9, av\u00e9r\u00e9e ou pr\u00e9sum\u00e9e, est une balise tr\u00e8s importante pour d\u00e9finir les comportements jug\u00e9s d\u00e9linquants chez les filles ainsi que pour justifier l\u2019action du tribunal et des familles.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre point int\u00e9ressant concerne les mineur.e.s ilnu.e.s de Mashteuiatsh. Tout en \u00e9tant consciente que les donn\u00e9es recueillies sur cette jeunesse sont fragmentaires, il a \u00e9t\u00e9 possible de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l\u2019exercice de la justice en territoire autochtone. Il a \u00e9t\u00e9 int\u00e9ressant de constater que malgr\u00e9 que la dimension de la race est la balise qui oriente les analyses des expert.e.s de l\u2019enfance au tribunal, de m\u00eame que les d\u00e9cisions qui y sont prises, je constate parfois une certaine volont\u00e9 de comprendre et de prendre en consid\u00e9ration les pratiques et les r\u00e9alit\u00e9s du milieu autochtone. Toutefois, il ne faut pas amplifier ce ph\u00e9nom\u00e8ne, ni m\u00eame pr\u00e9sumer de ses effets. Les caract\u00e9ristiques qui dominent les pratiques judiciaires concernant les mineur.e.s ilnu.e.s sont g\u00e9n\u00e9ralement l\u2019incompr\u00e9hension du milieu de m\u00eame que l\u2019inadaptation des services.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je dirais que de mani\u00e8re plus large, cette recherche men\u00e9e \u00e0 partir des archives judiciaires, et donc dans la limite de ce que contiennent ces archives, a permis de poser un regard sur l\u2019histoire des familles et de la jeunesse, dans une p\u00e9riode marqu\u00e9e par la red\u00e9finition des m\u0153urs. Je constate \u00e9galement la pertinence de mener des recherches dans les r\u00e9gions \u00e9loign\u00e9es des grands centres, pour r\u00e9v\u00e9ler les exp\u00e9riences particuli\u00e8res qui s\u2019y sont d\u00e9roul\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, la r\u00e9daction de ma th\u00e8se s\u2019est par ailleurs faite dans un contexte particulier de r\u00e9flexions majeures sur la protection de l\u2019enfance au Qu\u00e9bec. Par exemple, les travaux de la Commission sp\u00e9ciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse sous la pr\u00e9sidence de R\u00e9gine Laurent ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des probl\u00e9matiques et des enjeux dans le syst\u00e8me actuel, notamment en ce qui a trait aux services \u00e0 l\u2019enfance dans les communaut\u00e9s autochtones.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>VBM&nbsp;: Quel r\u00f4le le Centre d\u2019histoire des r\u00e9gulations sociales comme lieu de recherche a-t-il jou\u00e9 dans votre parcours doctoral ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>CT&nbsp;: <\/strong>Le CHRS m\u2019a offert du soutien \u00e0 plusieurs niveaux. Dans un premier temps, j\u2019ai b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une bourse de doctorat offerte par le centre en 2015. Le CHRS m\u2019a \u00e9galement permis de pr\u00e9senter ma premi\u00e8re communication scientifique dans le cadre du colloque<em> Vices dans l\u2019histoire du Qu\u00e9bec et du Canada, de la Nouvelle-France \u00e0 nos jours<\/em> en mai 2017. J\u2019ai \u00e9galement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un acc\u00e8s au site SIRS, qui m\u2019a permis de d\u00e9pouiller mes archives \u00e0 l\u2019aide d\u2019une fiche de donn\u00e9es en ligne. Ainsi, le CHRS m\u2019a offert du soutien \u00e0 plusieurs \u00e9tapes d\u00e9terminantes de ma recherche, ce qui m\u2019a aid\u00e9e \u00e0 mener le projet \u00e0 son terme.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>VBM&nbsp;: Quels sont vos plans pour la suite ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>CT&nbsp;: <\/strong>Dans l\u2019imm\u00e9diat, j\u2019ai obtenu un financement pour la publication de ma th\u00e8se, projet que je trouve extr\u00eamement stimulant. Un article est \u00e9galement \u00e0 para\u00eetre dans la <em>Revue d\u2019histoire de l\u2019Am\u00e9rique fran\u00e7aise <\/em>au d\u00e9but de 2023. J\u2019esp\u00e8re de plus pouvoir poursuivre mes recherches sur les institutions dans la r\u00e9gion du Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean dans le cadre d\u2019un stage postdoctoral.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Sur un ton plus personnel, les \u00e9tudes doctorales combin\u00e9es \u00e0 mon travail comme charg\u00e9e de cours ont mobilis\u00e9 une grande partie de mon temps, ce qui a n\u00e9cessit\u00e9 beaucoup de r\u00e9silience de la part de mes enfants. J\u2019esp\u00e8re donc aujourd\u2019hui leur montrer qu\u2019il y a une vie apr\u00e8s le doctorat.<br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Catherine Tremblay a soutenu le 1er f\u00e9vrier 2022 une th\u00e8se en histoire intitul\u00e9e \u00ab Plus que des histoires de jeunesse. 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