{"id":8920,"date":"2021-05-27T14:13:01","date_gmt":"2021-05-27T18:13:01","guid":{"rendered":"https:\/\/chrs.dev.uqam.ca\/?p=8920"},"modified":"2021-09-28T16:46:33","modified_gmt":"2021-09-28T20:46:33","slug":"grandir-a-lorphelinat-dans-les-annees-1940-1950-le-temoignage-dyves-lafleur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/2021\/05\/27\/grandir-a-lorphelinat-dans-les-annees-1940-1950-le-temoignage-dyves-lafleur\/","title":{"rendered":"Grandir \u00e0 l&rsquo;orphelinat dans les ann\u00e9es 1940-1950. Le t\u00e9moignage d\u2019Yves Lafleur."},"content":{"rendered":"\n<p><em>Yves Lafleur est n\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es 1940 \u00e0 Saint-Sauveur-des-Monts, au nord de Montr\u00e9al. Lieu de vill\u00e9giature des \u00ab Pays d\u2019en haut \u00bb, le village compte \u00e0 cette \u00e9poque une population d\u2019environ mille personnes sans compter les nombreux touristes de passage en qu\u00eate de sports de glisse. Monsieur Lafleur a un fr\u00e8re a\u00een\u00e9, et tous deux grandissent en partie dans des institutions de prise en charge de l\u2019enfance et en partie chez des membres de leur famille \u00e9largie.<\/em> <em>L\u2019internement de son p\u00e8re \u00e0 l\u2019Asile Saint-Jean-de-Dieu a plong\u00e9 sa m\u00e8re dans la pauvret\u00e9, d\u2019o\u00f9 le placement des enfants dans les institutions du r\u00e9seau charitable qu\u00e9b\u00e9cois. Yves Lafleur a \u00e9t\u00e9 pensionnaire de l\u2019Hospice Saint-J\u00e9r\u00f4me dans les Laurentides, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019Orphelinat Saint-Ars\u00e8ne \u00e0 Montr\u00e9al. Il passe aussi quelques \u00e9t\u00e9s dans la colonie de vacances de Saint-Ars\u00e8ne aux gr\u00e8ves de Contrecoeur<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Yves Lafleur nous a racont\u00e9 son enfance et son adolescence \u00e0 sa fa\u00e7on, selon ce qui lui revenait en t\u00eate. Il passait subitement d\u2019une histoire \u00e0 l\u2019autre, d\u2019une anecdote cocasse \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement traumatique. Pour les fins de ce blogue, nous avons fait une s\u00e9lection d\u2019extraits de l\u2019entrevue que nous avons accompagn\u00e9s de courts textes de mise en contexte historique. Un seul t\u00e9moignage ne peut \u00e9videmment \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 repr\u00e9sentatif de l\u2019ensemble de l\u2019exp\u00e9rience institutionnelle des ann\u00e9es 1940 et 1950. Il nous a sembl\u00e9 tout de m\u00eame important de le pr\u00e9server et d\u2019en assurer la diffusion.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>L\u2019entretien a port\u00e9 sur deux p\u00e9riodes distinctes de son enfance. La premi\u00e8re partie de cette entrevue porte sur son contexte familial ainsi que sur son placement \u00e0 l\u2019Hospice Saint-J\u00e9r\u00f4me. La seconde traite de son transfert et de son s\u00e9jour \u00e0 l\u2019Orphelinat Saint-Ars\u00e8ne \u00e0 Montr\u00e9al.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Entrevue de Cory Verbauwhede, avec la collaboration de Lucie Dagenais; s\u00e9lection des extraits Caroline Robert et Cory Verbauwhede; texte de Caroline Robert. Remerciements \u00e0 Louise Bienvenue et Yves Lafleur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"560\" height=\"315\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/j6OMNLT_D_E\" title=\"YouTube video player\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen=\"\"><\/iframe>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color wp-block-paragraph\">.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le recours au placement en institution<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Du milieu du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1960, le placement en institution a \u00e9t\u00e9 l\u2019une des principales mesures de prise en charge des enfants de familles pauvres et atypiques au Qu\u00e9bec. Le placement institutionnel est fortement encourag\u00e9 en 1921 par l\u2019adoption de la <em>Loi de l\u2019assistance publique<\/em> qui instaure un syst\u00e8me de subventions publiques pour la prise en charge des \u00ab&nbsp;indigents&nbsp;\u00bb dans plusieurs cat\u00e9gories d\u2019\u00e9tablissements charitables priv\u00e9s, dont ceux consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019enfance n\u00e9cessiteuse<sup>1<\/sup>. La loi pr\u00e9voit que les co\u00fbts d\u2019h\u00e9bergement des indigents seront partag\u00e9s \u00e0 parts \u00e9gales entre l\u2019\u00e9tablissement d\u2019h\u00e9bergement, l\u2019\u00c9tat provincial et la municipalit\u00e9 de r\u00e9sidence de l\u2019indigent. C\u2019est en vertu de cette loi que monsieur Lafleur est plac\u00e9 \u00e0 l\u2019Hospice Saint-J\u00e9r\u00f4me. L\u2019importance qu\u2019il accorde \u00e0 la municipalit\u00e9 dans son t\u00e9moignage s\u2019explique par le fait que, selon la loi, c\u2019est elle qui a la responsabilit\u00e9 de le reconna\u00eetre comme un indigent relevant de l\u2019assistance publique, une d\u00e9cision permettant \u00e0 l\u2019institution de recevoir les subventions municipales et provinciales. L\u2019institution, pour d\u00e9frayer sa part des co\u00fbts d\u2019h\u00e9bergement, puise dans ses propres fonds aliment\u00e9s par diverses activit\u00e9s de financement, y compris la tarification de certains de ses services aupr\u00e8s de la famille de l\u2019indigent secouru.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Plusieurs critiques sont formul\u00e9es \u00e0 l\u2019encontre du placement des enfants en institution d\u00e8s le d\u00e9but du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle au Qu\u00e9bec. Pour plusieurs, comme les r\u00e9formatrices de la F\u00e9d\u00e9ration nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB), l\u2019aide \u00e0 l\u2019enfance doit d\u2019abord passer par une aide \u00e9conomique aux m\u00e8res pauvres ou, si cette solution n\u2019est pas envisageable, par le placement en famille d\u2019accueil. Pour elles, le recours au placement des enfants devait \u00eatre une mesure de dernier recours, lorsque tout le reste a \u00e9chou\u00e9. Elles militeront durant deux d\u00e9cennies pour la mise en place d\u2019un programme de pensions aux m\u00e8res n\u00e9cessiteuses avant que le gouvernement de Maurice Duplessis adopte un projet de loi en ce sens en 1937. Le programme n\u2019est toutefois qu\u2019une version r\u00e9duite du projet de la FNSJB. La proc\u00e9dure de demande est humiliante, la chance de succ\u00e8s limit\u00e9e et l\u2019aide insignifiante. Ce programme n\u2019a cons\u00e9quemment qu\u2019un impact marginal sur le recours au placement institutionnel, notamment dans les orphelinats. La loi f\u00e9d\u00e9rale sur les allocations familiales de 1945 en aura davantage, bien que le placement institutionnel reste toujours en vogue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Contrairement \u00e0 ce qu\u2019on pourrait penser, la majorit\u00e9 des enfants dans les orphelinats ne sont pas de \u00ab&nbsp;vrais&nbsp;\u00bb orphelins, mais plut\u00f4t des enfants qui ne peuvent, pour une raison ou une autre, compter sur le soutien de l\u2019un de leurs deux parents. Plusieurs sont consid\u00e9r\u00e9s comme des enfants \u00ab&nbsp;ill\u00e9gitimes&nbsp;\u00bb puisqu\u2019ils sont n\u00e9s \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur les liens \u00ab&nbsp;sacr\u00e9s&nbsp;\u00bb de la famille. Dans le cas d\u2019Yves Lafleur, son placement \u00e0 l\u2019hospice, puis \u00e0 l\u2019orphelinat, est envisag\u00e9 \u00e0 la suite de l\u2019hospitalisation de son p\u00e8re dans un asile. Sa m\u00e8re, incapable de joindre les deux bouts, confie d\u2019abord la garde de son enfant \u00e0 quelques membres de la parent\u00e9, avant de se r\u00e9soudre \u00e0 le placer \u00e0 l\u2019Hospice Saint-J\u00e9r\u00f4me.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"725\" height=\"1012\" src=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Ass-Pub-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8927\" srcset=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Ass-Pub-1.jpg 725w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Ass-Pub-1-215x300.jpg 215w\" sizes=\"auto, (max-width: 725px) 100vw, 725px\" \/><figcaption><br><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"841\" height=\"1084\" src=\"https:\/\/i2.wp.com\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Ass-Pub-2-2.jpg?fit=740%2C954&amp;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-8934\" srcset=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Ass-Pub-2-2.jpg 841w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Ass-Pub-2-2-233x300.jpg 233w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Ass-Pub-2-2-768x990.jpg 768w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Ass-Pub-2-2-794x1024.jpg 794w\" sizes=\"auto, (max-width: 841px) 100vw, 841px\" \/><figcaption><br>Dossier de demande de reconnaissance d\u2019indigence, 1937, BAnQ Vieux-Montr\u00e9al, Fonds Cour de circuit du district de Montr\u00e9al, 1893-1945, TL38, S27.&nbsp;<br><br>La situation familiale de ce dossier est assez similaire \u00e0 celle de monsieur Lafleur, le p\u00e8re est intern\u00e9 \u00e0 Saint-Jean-de-Dieu et la m\u00e8re tente de placer ses enfants dans des institutions de charit\u00e9. La municipalit\u00e9 intim\u00e9e refuse d\u2019abord de reconnaitre la partie demanderesse comme indigente. La demande est alors envoy\u00e9e devant un juge de la Cour de Circuit, \u00e0 qui il revient de trancher. Suite \u00e0 l\u2019enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9e sur la famille, le juge tranche en faveur de la partie demanderesse en la reconnaissant comme indigente.&nbsp; La loi sur l\u2019assistance publique \u00e9tait un processus de financement des institutions qui \u00e9tait indirect, complexe et qui pesait lourdement sur la sant\u00e9 \u00e9conomique des institutions. Par exemple, dans le cas des h\u00f4pitaux, ceux-ci avaient d\u00e9j\u00e0 d\u00e9fray\u00e9 les co\u00fbts d\u2019hospitalisation de la partie demanderesse au moment o\u00f9 le dossier \u00e9tait envoy\u00e9 devant un juge.&nbsp;Pour en savoir plus, voir No\u00e9mie Charest-Bourdon, op.cit., chapitre 4. <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color wp-block-paragraph\">.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019Hospice Saint-J\u00e9r\u00f4me<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Yves Lafleur est pensionnaire de l\u2019Hospice Saint-J\u00e9r\u00f4me de 1949 \u00e0 1952. L\u2019institution, cr\u00e9\u00e9e en 1888 par les S\u0153urs de la Charit\u00e9 de Montr\u00e9al (S\u0153urs Grises), est alors dirig\u00e9e par les S\u0153urs de la Charit\u00e9 d\u2019Ottawa et accueille \u00e0 la fois des enfants et des personnes \u00e2g\u00e9es, pratique courante dans les institutions \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des grands centres urbains.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au moment de sa fondation, l\u2019Hospice Saint-J\u00e9r\u00f4me est situ\u00e9 dans une modeste maison au centre du village<sup>2<\/sup>. L\u2019ann\u00e9e suivante les s\u0153urs emm\u00e9nagent dans un b\u00e2timent nouvellement construit. B\u00e9n\u00e9ficiant de plus d\u2019espace, elles y ouvrent alors une salle d\u2019asile<sup>3<\/sup> ainsi qu\u2019un jardin de l\u2019enfance pour jeunes gar\u00e7ons de 7 \u00e0 14 ans<sup>4<\/sup>. Comme la majorit\u00e9 des communaut\u00e9s religieuses \u00e0 cette \u00e9poque, les s\u0153urs visitent et dispensent des soins pour les pauvres et les malades de la r\u00e9gion. Au tournant du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, l\u2019hospice h\u00e9berge 11 personnes \u00e2g\u00e9es et 31 enfants, en plus d\u2019accueillir quotidiennement 55 gar\u00e7ons au jardin de l\u2019enfance et 80 enfants \u00e0 la salle d\u2019asile<sup>5<\/sup>. En 1911, l\u2019explosion d\u2019une fournaise rase compl\u00e8tement l\u2019hospice sans engendrer de pertes humaines<sup>6<\/sup>. Incapables de le reconstruire faute de moyens financiers<sup>7<\/sup>, les S\u0153urs Grises relocalisent leurs pensionnaires et quittent Saint-J\u00e9r\u00f4me d\u00e9finitivement<sup>8<\/sup>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"522\" src=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8921\" srcset=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/1.jpg 800w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/1-300x196.jpg 300w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/1-768x501.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption><br><strong>Asile de S\u0153urs grises, avant 1911, BAnQ-Qu\u00e9bec, Collection Magella Bureau, P547, S1, SS1, D536, P61<\/strong><br><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une vingtaine d\u2019ann\u00e9es plus tard, le conseil municipal de Saint-J\u00e9r\u00f4me charge un comit\u00e9 sp\u00e9cial<sup>9<\/sup> d\u2019\u00e9laborer les plans d\u2019un nouvel \u00ab hospice-orphelinat \u00bb. En pr\u00e9vision de cette nouvelle construction, la municipalit\u00e9 fait des d\u00e9marches afin de trouver une congr\u00e9gation religieuse int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 en prendre la charge. En 1932, les S\u0153urs Grises d\u2019Ottawa r\u00e9pondent \u00e0 l\u2019appel et s\u2019installent temporairement dans une maison fournie par les Chevaliers de Colomb o\u00f9 elles n\u2019accueilleront que des pensionnaires \u00e2g\u00e9s (10 hommes et 18 femmes)<sup>10<\/sup>. La construction du nouveau b\u00e2timent est finalis\u00e9e en mai 1936, soit 6 ans apr\u00e8s le lancement du projet. Haut de 4 \u00e9tages, l\u2019hospice accueille d\u00e9sormais des enfants, dont Yves Lafleur, et des personnes \u00e2g\u00e9es, pour un maximum de 123 pensionnaires<sup>11<\/sup>. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960, l\u2019institution se consacre exclusivement aux soins des personnes \u00e2g\u00e9es et l\u2019espace r\u00e9serv\u00e9 aux enfants est reconverti \u00e0 cette fin<sup>12<\/sup>. Administratrices depuis les ann\u00e9es 1930, les S\u0153urs de la Charit\u00e9 d\u2019Ottawa remettent l\u2019institution, connue alors sous le nom de Foyer d\u2019Youville, entre les mains de l\u2019\u00c9tat qu\u00e9b\u00e9cois en 1973<sup>13<\/sup>. L\u2019\u00e9tablissement est en fonction jusqu\u2019en 2018, moment o\u00f9 les r\u00e9sident.e.s sont transf\u00e9r\u00e9.e.s dans un CHSLD nouvellement construit<sup>14<\/sup>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/LAFLEURPHOTO2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-8922\" width=\"312\" height=\"390\" srcset=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/LAFLEURPHOTO2.png 496w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/LAFLEURPHOTO2-240x300.png 240w\" sizes=\"auto, (max-width: 312px) 100vw, 312px\" \/><figcaption><br><strong>Yves Lafleur devant l\u2019Hospice Saint-J\u00e9r\u00f4me, c.1950, archives personnelles d\u2019Yves Lafleur.<\/strong><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"560\" height=\"315\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/2jIVALY1XwE\" title=\"YouTube video player\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen=\"\"><\/iframe>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color wp-block-paragraph\">.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Orphelinat Notre-Dame-de-la-Merci d\u2019Huberdeau<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Monsieur Lafleur a bien failli se retrouver pensionnaire de l\u2019Orphelinat Huberdeau dans les ann\u00e9es 1950. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, l&rsquo;orphelinat fait partie du r\u00e9seau des \u00e9coles de protection de la jeunesse. Ces \u00e9coles remplacent les \u00e9coles d\u2019industrie et les \u00e9coles de r\u00e9forme en place depuis 1869. Monsieur Lafleur ne connait pas les raisons qui poussent les S\u0153urs de la Charit\u00e9 \u00e0 refuser son transfert \u00e0 l\u2019Orphelinat d\u2019Huberdeau. Il consid\u00e8re avoir \u00e9t\u00e9 chanceux d\u2019avoir pu \u00e9viter cette institution qui a \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur des d\u00e9nonciations des orphelins de Duplessis depuis quelques d\u00e9cennies. Ces derniers ont insist\u00e9 non seulement sur la pauvret\u00e9 de l\u2019\u00e9ducation re\u00e7ue, mais surtout sur les multiples abus physiques, sexuels et psychologiques commis \u00e0 l\u2019\u00e9gard de pensionnaires de cette institution.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1600\" height=\"930\" src=\"https:\/\/i2.wp.com\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/3.jpg?fit=740%2C430&amp;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-8923\" srcset=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/3.jpg 1600w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/3-300x174.jpg 300w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/3-768x446.jpg 768w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/3-1024x595.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1600px) 100vw, 1600px\" \/><figcaption><br><strong>Orphelinat Huberdeau, c.1930, BAnQ-Gatineau, Fonds Aim\u00e9 Guertin, P8, S1, D13.&nbsp;<\/strong><br><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019institution, situ\u00e9e dans les Laurentides, ouvre ses portes en 1894 sous la direction des P\u00e8res de la compagnie de Marie (les P\u00e8res montfortains). Ces derniers dirigent depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es l\u2019Orphelinat agricole Notre-Dame de Montfort, une \u00e9cole d\u2019industrie pour gar\u00e7ons qui atteint rapidement sa capacit\u00e9 maximale de pensionnaires. En plus de r\u00e9pondre \u00e0 la surpopulation de Montfort, le second \u00e9tablissement vise \u00e0 procurer un lieu plus propice \u00e0 l\u2019agriculture. Les Montfortains sont aid\u00e9s dans leur entreprise par la congr\u00e9gation f\u00e9minine des Filles de la Sagesse qui dispense l\u2019\u00e9ducation aux jeunes gar\u00e7ons intern\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Au d\u00e9but du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, la population de l\u2019Orphelinat d\u2019Huberdeau varie entre 200 et 300 gar\u00e7ons. La plupart d\u2019entre eux sont des \u00ab&nbsp;gar\u00e7ons des rues&nbsp;\u00bb envoy\u00e9s par la ville de Montr\u00e9al (213 gar\u00e7ons sur 286 en 1911). Les jeunes de moins de treize ans passent la journ\u00e9e en classe. Les plus vieux suivent quant \u00e0 eux leurs cours durant la soir\u00e9e, puisque la journ\u00e9e est consacr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;apprentissage d&rsquo;un m\u00e9tier<sup>15<\/sup>. Une fois l\u2019\u00e2ge maximal atteint, soit seize ans, les gar\u00e7ons quittent l\u2019institution et tentent de se trouver un emploi dans l\u2019un des m\u00e9tiers qu\u2019ils ont appris.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1500\" height=\"1081\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/4-1.jpg?fit=740%2C533&amp;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-8925\" srcset=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/4-1.jpg 1500w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/4-1-300x216.jpg 300w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/4-1-768x553.jpg 768w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/4-1-1024x738.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1500px) 100vw, 1500px\" \/><figcaption><br><strong>Dortoir, Orphelinat Notre-Dame-de-la-Merci, Huberdeau, c.1930, BAnQ-Montr\u00e9al, Fonds La Presse, P833, S3, D722.<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les P\u00e8res montfortains restent \u00e0 la t\u00eate de l\u2019orphelinat jusqu\u2019en 1923, moment o\u00f9 ils vendent l\u2019institution d\u2019Huberdeau aux Fr\u00e8res Notre-Dame de la Mis\u00e9ricorde, une communaut\u00e9 religieuse originaire de Belgique. L\u2019institution, connue sous le nom Orphelinat Notre-Dame de la Merci, est ras\u00e9e par un incendie qui fait quelques bless\u00e9s, mais heureusement aucun mort, en 1941<sup>16<\/sup>. Le temps de la reconstruction, la plupart des gar\u00e7ons sont envoy\u00e9s au refuge Meurling \u00e0 Montr\u00e9al, tandis que certains sont accueillis \u00e0 l\u2019Orphelinat de Montfort<sup>17<\/sup>. Une fois reconstruite, elle h\u00e9berge annuellement environ 350 gar\u00e7ons, pour la plupart des enfants consid\u00e9r\u00e9s \u00ab&nbsp;ill\u00e9gitimes&nbsp;\u00bb. Selon les t\u00e9moignages d\u2019anciens, ceux qui ont le statut d\u2019ill\u00e9gitime ne b\u00e9n\u00e9ficient pas du m\u00eame encadrement que les orphelins \u00ab&nbsp;l\u00e9gitimes&nbsp;\u00bb, qui forment un groupe s\u00e9par\u00e9. Ces derniers re\u00e7oivent une \u00e9ducation nettement plus pouss\u00e9e, tandis que les autres sont dirig\u00e9s plus rapidement vers l\u2019apprentissage d\u2019un m\u00e9tier<sup>18<\/sup>. L\u2019Orphelinat Notre-Dame de la Merci est finalement confi\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9tat qu\u00e9b\u00e9cois en 1975 qui en fait le Centre d\u2019accueil Vert-Pr\u00e9 pour \u00ab&nbsp;m\u00e9sadapt\u00e9s socio-affectifs&nbsp;\u00bb. Toujours en activit\u00e9 aujourd\u2019hui, l\u2019institution fait partie du Centre jeunesse des Laurentides.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"510\" src=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/5.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8926\" srcset=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/5.jpg 800w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/5-300x191.jpg 300w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/5-768x490.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption><br><strong>Orphelinat Huberdeau, apr\u00e8s 1941, BAnQ-Qu\u00e9bec, Collection Magella Bruneau, P547, S1, SS1, SSS1, D171, P04<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color wp-block-paragraph\">.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019institution tra\u00eene une lourde r\u00e9putation d\u2019abus. D\u00e8s la prise en charge par les Fr\u00e8res Notre-Dame de la Mis\u00e9ricorde, elle fait rapidement les manchettes suite au d\u00e9c\u00e8s d\u2019un jeune r\u00e9sident. Ce dernier, \u00e2g\u00e9 de 8 ans, a \u00e9t\u00e9 maintenu de force par un fr\u00e8re dans une baignoire d\u2019eau bouillante. Il d\u00e9c\u00e8de quelques jours plus tard \u00e0 l\u2019H\u00f4pital Sainte-Justine. Le proc\u00e8s qui s\u2019ensuit scandalise l\u2019opinion publique, mais n\u2019a pas de r\u00e9percussions majeures pour l\u2019orphelinat<sup>19<\/sup>. Les mauvais traitements se poursuivront, comme en font foi les nombreux t\u00e9moignages d\u2019anciens pensionnaires de l\u2019institution<sup>20<\/sup>. Selon Nestor, le protagoniste du documentaire de Beno\u00eet Pilon, seule une \u00e9ducation religieuse leur est dispens\u00e9e<sup>21<\/sup>. Tout autant que les filles-m\u00e8res, il semble donc que ces enfants sont victimes d\u2019une forte stigmatisation. Ayant peu ou pas de connaissances, les orphelins \u00ab&nbsp;ill\u00e9gitimes&nbsp;\u00bb d\u2019Huberdeau sont en quelque sorte lou\u00e9s par l\u2019institution dans les fermes et les entreprises de la r\u00e9gion qui les exploitent (salaire tr\u00e8s bas, longues heures de travail, aucun cong\u00e9)<sup>22<\/sup>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les gar\u00e7ons quittent g\u00e9n\u00e9ralement l\u2019orphelinat \u00e0 seize ans, une fois l\u2019\u00e2ge maximal atteint. Les options sont alors limit\u00e9es pour ces enfants qui ont pour principale exp\u00e9rience de vie la discipline institutionnelle et, souvent, les multiples abus qu\u2019elle comporte. Ceux qui s\u2019en sortent le mieux trouveront un travail qui leur procurera enfin un peu d\u2019ind\u00e9pendance. D\u2019autres, plus malheureux, poursuivront leur parcours institutionnel dans divers \u00e9tablissements. Les Orphelins de Duplessis d\u00e9signent les enfants, dont un certain nombre ont pass\u00e9 par Notre-Dame de la Merci, confi\u00e9s \u00e0 un asile psychiatrique \u00e0 la suite d\u2019un faux diagnostic de maladie mentale. Ce diagnostic devait permettre \u00e0 l\u2019asile d\u2019obtenir des subventions publiques f\u00e9d\u00e9rales pour l\u2019h\u00e9bergement de leur nouveau patient.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>CONCLUSION DE LA PREMI\u00c8RE PARTIE<\/strong><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette premi\u00e8re partie nous permet de rendre compte d\u2019un fragment de l\u2019exp\u00e9rience institutionnelle v\u00e9cue au sein du r\u00e9seau qu\u00e9b\u00e9cois, par l\u2019entremise du r\u00e9cit de vie d\u2019Yves Lafleur. Loin d\u2019\u00eatre cantonn\u00e9es dans les grands centres industriels, les institutions de prise en charge de l\u2019indigence se d\u00e9ploient un peu partout sur le territoire qu\u00e9b\u00e9cois au cours du 19e et 20e si\u00e8cle. On constate, de plus, que les personnes institutionnalis\u00e9es sont parfois amen\u00e9es \u00e0 se d\u00e9placer \u00e0 travers ce r\u00e9seau, comme en t\u00e9moigne le cas des gar\u00e7ons d\u2019Huberdeau, qui sont bien souvent originaires de Montr\u00e9al. \u00c0 l\u2019instar de ces derniers, monsieur Lafleur s\u2019y d\u00e9place. Il effectue, quant \u00e0 lui, le trajet inverse, du nord vers le sud, trajet qui le m\u00e8ne \u00e0 l\u2019Orphelinat Saint-Ars\u00e8ne de Montr\u00e9al. <a href=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/2021\/06\/21\/grandir-a-lorphelinat-dans-les-annees-1940-1950-le-temoignage-dyves-lafleur-seconde-partie\/\">Son s\u00e9jour de quatre ans dans la m\u00e9tropole qu\u00e9b\u00e9coise fera l&rsquo;objet de la seconde partie de cette entrevue.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><sup>1<\/sup> No\u00e9mie-Charest Bourdon, <em>Qui va payer pour les malades indigents? La \u00ab philanthropie d&rsquo;\u00c9tat \u00bb, du sou du pauvre \u00e0 l\u2019assistance publique au Qu\u00e9bec (1905-1930)<\/em>, m\u00e9moire de ma\u00eetrise, histoire, UQAM, p. 105-106. <br><sup>2<\/sup> \u00c9lie-Joseph Auclair,<em> Le Cur\u00e9 Labelle, sa vie et son \u0153uvre; ce qu\u2019il \u00e9tait devant ses contemporains, ce qu\u2019il est devant la post\u00e9rit\u00e9<\/em>, Montr\u00e9al, Librairie Beauchemin, 1930, p. 88. <br><sup>3<\/sup> La salle d\u2019asile est un lieu d\u2019accueil et d\u2019\u00e9ducation diurne destin\u00e9 aux enfants d\u00e9favoris\u00e9s d\u2019\u00e2ge pr\u00e9scolaire dont les parents travaillent. Pour en savoir plus, voir Micheline Dumont, \u00ab Des Garderies au XIXe si\u00e8cle. Les salles d\u2019asile des S\u0153urs grises \u00e0 Montr\u00e9al \u00bb, <em>Revue d\u2019histoire de l\u2019Am\u00e9rique fran\u00e7aise<\/em>, vol. 34, no 1, 1980, p. 27-55. <br><sup>4<\/sup> Gaspard Dauth et al., <em>Le dioc\u00e8se de Montr\u00e9al \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle<\/em>, Montr\u00e9al, Eus\u00e8be Sen\u00e9cal &amp; Cie., 1900, p. 670-671. <br><sup>5<\/sup><em>Ibid<\/em>. <br><sup>6<\/sup><em>Le Devoir<\/em>, \u00ab L\u2019Hospice de Saint-J\u00e9r\u00f4me. Il est compl\u00e8tement ras\u00e9 par l\u2019incendie, ce matin \u00bb, 24 novembre 1911, p. 6. <br><sup>7<\/sup> On estime, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, le co\u00fbt de la reconstruction \u00e0 25 000 $. Voir<em> L\u2019Avenir du Nord<\/em>, \u00ab Nouvelles de St. J\u00e9r\u00f4me \u00bb, 29 d\u00e9cembre 1911, p. 3. <br><sup>8<\/sup> G\u00e9rard Lajeunesse (dir.), <em>Une \u00e9glise se raconte, Saint-J\u00e9r\u00f4me 1951-2001<\/em>, Montr\u00e9al, Les \u00c9ditions Carte Blanche, p. 345. <br><sup>9<\/sup>Le comit\u00e9 est compos\u00e9 de citoyens influents de la r\u00e9gion. Voir <em>L\u2019Avenir du Nord<\/em>, \u00ab Un hospice \u00e0 St-J\u00e9r\u00f4me \u00bb, 7 novembre 1930, p. 8. <br><sup>10<\/sup> Serge Laurin, <em>Histoire de Saint-J\u00e9r\u00f4me<\/em>, Qu\u00e9bec, \u00c9ditions GID, 2009, p. 301; Comit\u00e9 du centenaire, <em>Album souvenir, Centenaire de Saint-J\u00e9r\u00f4me, 1834-1934<\/em>, Saint-J\u00e9r\u00f4me, Imprimerie-photogravure J.-H.-A. Labelle, 1934, p. 36. <br><sup>11<\/sup><em>L\u2019Avenir du Nord<\/em>, \u00ab S.E. Mgr. Gauthier b\u00e9nit l\u2019hospice de St-J\u00e9r\u00f4me \u00bb, 3 juillet 1936, p. 1 et 6. <br><sup>12<\/sup><em>L\u2019Avenir du Nord<\/em>, \u00ab Le Foyer d\u2019Youville de St-J\u00e9r\u00f4me \u00bb, 10 mai 1961, p. 1. <sup>13<\/sup> S\u0153urs de la Charit\u00e9 d\u2019Ottawa, \u00ab L\u2019histoire, l\u2019\u0153uvre et le charisme des S\u0153urs de la charit\u00e9 d\u2019Ottawa \u00bb, [en ligne], consult\u00e9 le 22 septembre 2020, http:\/\/www.ipir.ulaval.ca\/fiche.php?id=1020 <br><sup>14<\/sup><em>Le Nord<\/em>, \u00ab Nouveau CHSLD \u00e0 Saint-J\u00e9r\u00f4me \u00bb, 16 mai 2018, p. 14. <br><sup>15<\/sup> Ces informations proviennent des <em>Rapports des inspecteurs des asiles d\u2019ali\u00e9n\u00e9s, \u00e9coles de r\u00e9forme et \u00e9coles d\u2019industrie<\/em>, pour les ann\u00e9es 1908 et 1911. <br><sup>16<\/sup> Jean L\u00e9ger,<em> La maison d\u2019Huberdeau au service de la jeunesse depuis 1887<\/em>, Centre d\u2019accueil Vert-Pr\u00e9 de Huberdeau, Huberdeau, 1983, p. 10-12. <sup>17<\/sup>Ibid. <br><sup>18<\/sup> Rose Dufour et Brigitte Garneau, <em>Na\u00eetre rien. Des orphelins de Duplessis, de la cr\u00e8che \u00e0 l\u2019asile<\/em>, \u00c9ditions MultiMondes, Montr\u00e9al, 2002, p. 245-246. <br><sup>19<\/sup><em>Le Devoir<\/em>, \u00ab Le fr\u00e8re Usmar trouv\u00e9 coupable \u00bb, 11 juin 1925, p. 3.<br><sup>20<\/sup> Plusieurs reportages t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s et documentaires ont \u00e9t\u00e9 produits \u00e0 ce sujet au d\u00e9but du mill\u00e9naire. Voir en particulier <em>Nestor et les oubli\u00e9s <\/em>(2006) r\u00e9alis\u00e9 par Beno\u00eet Pilon. <br><sup>21<\/sup> Beno\u00eet Pilon, <em>Nestor et les oubli\u00e9s<\/em>, 2006. <br><sup>22<\/sup> Rose Dufour et Brigitte Garneau,<em> op.cit.<\/em>, p. 99. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-very-light-gray-color wp-block-paragraph\">.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Yves Lafleur est n\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es 1940 \u00e0 Saint-Sauveur-des-Monts, au nord de Montr\u00e9al. 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