{"id":4808,"date":"2018-11-07T23:41:29","date_gmt":"2018-11-08T03:41:29","guid":{"rendered":"https:\/\/chrs.dev.uqam.ca\/?p=4808"},"modified":"2020-10-14T08:32:46","modified_gmt":"2020-10-14T12:32:46","slug":"entretien-avec-lucie-dagenais-deuxieme-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/2018\/11\/07\/entretien-avec-lucie-dagenais-deuxieme-partie\/","title":{"rendered":"Entretien avec Lucie Dagenais \u2014 deuxi\u00e8me partie"},"content":{"rendered":"<p><i><span style=\"font-weight: 400;\">Cette deuxi\u00e8me partie d\u2019entrevue (voir la <\/span><\/i><a href=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/2018\/02\/12\/entretien-avec-lucie-dagenais-premiere-partie\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><i><span style=\"font-weight: 400;\">premi\u00e8re partie<\/span><\/i><\/a><i><span style=\"font-weight: 400;\">) porte sur le conflit de travail de 1964 entre l\u2019Alliance des infirmi\u00e8res de Montr\u00e9al (AIM-CSN) et une vingtaine d\u2019h\u00f4pitaux francophones g\u00e9r\u00e9s par des communaut\u00e9s religieuses. Ce conflit, moins bien connu que la gr\u00e8ve des infirmi\u00e8res de Sainte-Justine en 1963 et que la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale dans les h\u00f4pitaux du Qu\u00e9bec en 1966, constitue pourtant un point tournant dans les relations du travail entre les personnels et les directions des \u00e9tablissements au sein du syst\u00e8me de sant\u00e9 qu\u00e9b\u00e9cois&nbsp;: la d\u00e9mission choc du pr\u00e9sident du tribunal d\u2019arbitrage, le juge Paul L\u2019Heureux, au cours de ce conflit a aussi contribu\u00e9 \u00e0 mettre fin au r\u00e9gime de relations du travail d\u2019exception dans les services publics.<\/span><\/i><\/p>\n<p><i><span style=\"font-weight: 400;\">L\u2019action des infirmi\u00e8res s\u2019inscrit alors dans la d\u00e9marche de la F\u00e9d\u00e9ration nationale des services FNS-CSN, r\u00e9solument engag\u00e9e depuis 1962 dans l\u2019harmonisation des conditions de travail au sein de tous les h\u00f4pitaux du Qu\u00e9bec, \u00e9tape n\u00e9cessaire pour instituer un service public vraiment universel, qui offre des services comparables \u00e0 travers la province.<\/span><\/i><\/p>\n<p><i><span style=\"font-weight: 400;\">Lucie Dagenais a particip\u00e9 \u00e0 ce conflit en tant que conseill\u00e8re syndicale aupr\u00e8s de l\u2019Alliance des infirmi\u00e8res de Montr\u00e9al (AIM-CSN), poste qu\u2019elle a occup\u00e9 de 1962 \u00e0 1970.<\/span><\/i><\/p>\n<p>Entrevue par Cory Verbauwhede<\/p>\n<table border=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/1_inf_travail.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-4861 size-medium\" src=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/1_inf_travail-300x189.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"189\"><\/a><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p style=\"font-size: 10px;\">Cr\u00e9dit : <em>Le Travail<\/em>, vol. XI, no. 6, Montr\u00e9al, Qc, juin 1964<br \/>\nCliquez sur l&rsquo;image pour agrandir<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><b>Cory Verbauwhede&nbsp;: Nous avons discut\u00e9 lors de <\/b><a href=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/2018\/02\/12\/entretien-avec-lucie-dagenais-premiere-partie\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><b>notre premier entretien<\/b><\/a><b> des conflits \u00e0 l\u2019H\u00f4tel-Dieu de Montr\u00e9al en 1962 et \u00e0 Sainte-Justine en 1963. Pourquoi s\u2019attarder plus particuli\u00e8rement au conflit de travail des infirmi\u00e8res de 1964 ?<\/b><\/p>\n<p><b>Lucie Dagenais&nbsp;:<\/b><span style=\"font-weight: 400;\"> C\u2019est principalement le conflit de 1964 qui a mis fin au d\u00e9s\u00e9quilibre des droits entre salari\u00e9s publics et priv\u00e9s, qui existait depuis l\u2019adoption, en 1944, de la <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Loi des relations ouvri\u00e8res<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> et de la <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Loi des diff\u00e9rends entre les services publics et leurs salari\u00e9s<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">. Ce r\u00e9gime l\u00e9gislatif octroyait un droit de gr\u00e8ve \u2013 tr\u00e8s encadr\u00e9 \u2013 aux syndiqu\u00e9s du secteur priv\u00e9, mais l\u2019enlevait \u00e0 ceux des services publics. C\u2019est en partie gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019action audacieuse d\u2019un petit nombre d\u2019infirmi\u00e8res que le <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Code du travail<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, adopt\u00e9 le 22 juillet 1964, a \u00e9tendu le droit de gr\u00e8ve aux employ\u00e9s des h\u00f4pitaux et des autres \u00ab&nbsp;services publics \u00bb, ce qui n\u2019avait pas du tout \u00e9t\u00e9 l\u2019intention de d\u00e9part du gouvernement. La possibilit\u00e9 de faire la gr\u00e8ve a par la suite fait avancer les droits des syndiqu\u00e9s du secteur public d\u2019une mani\u00e8re qui aurait \u00e9t\u00e9 inconcevable sous l\u2019ancien r\u00e9gime de relations du travail. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Comme le disait le directeur des services \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration nationale des services (FNS devenue maintenant la FSSS), la discrimination et l\u2019inf\u00e9riorisation du personnel des h\u00f4pitaux \u00e9taient inscrites au sein m\u00eame des diverses lois du travail, \u00e0 commencer par la loi r\u00e9gissant les diff\u00e9rends entre les administrations des services publics et leurs salari\u00e9s. En 1963, il r\u00e9sumait la condition des employ\u00e9s d\u2019h\u00f4pitaux quant aux droits syndicaux, ou plut\u00f4t leur absence, en affirmant au d\u00e9but de cette n\u00e9gociation : \u00ab Voil\u00e0 le salari\u00e9 des services publics priv\u00e9 de son droit de gr\u00e8ve et plac\u00e9 en \u00e9tat d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 par le jeu des mesures dilatoires d\u00e9cr\u00e9t\u00e9es par la structure juridique elle-m\u00eame \u00bb.<sup><a href=\"#1\">1<\/a><\/sup><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Or, le conflit de 1963-64&nbsp;a remis en question le r\u00e9gime d\u2019arbitrage obligatoire et la politique du minist\u00e8re de la Sant\u00e9&nbsp;dans le secteur hospitalier.<sup><a href=\"#2\">2<\/a><\/sup><\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Les infirmi\u00e8res ont notamment obtenu la pr\u00e9sence officielle du gouvernement \u00e0 la table de n\u00e9gociation, ce qui a permis de corriger une situation, cr\u00e9\u00e9e par l\u2019assurance hospitalisation (1961), que l\u2019on qualifiait alors de \u00ab&nbsp;fausse&nbsp;\u00bb. En effet, c\u2019\u00e9tait le ministre du Travail qui nommait les pr\u00e9sidents des tribunaux d\u2019arbitrage et leur donnait leurs directives, c\u2019\u00e9tait le Service de l\u2019assurance hospitalisation qui d\u00e9terminait les montants vers\u00e9s aux h\u00f4pitaux et c\u2019\u00e9tait en d\u00e9finitive le gouvernement qui payait. Pourtant, le gouvernement n\u2019\u00e9tait pas officiellement partie aux n\u00e9gociations. Les gains obtenus au terme de la n\u00e9gociation \u00e9taient d\u2019autant plus surprenants que les syndicats de l\u2019Alliance repr\u00e9sentaient une minorit\u00e9 des 13 435 infirmi\u00e8res pratiquantes dans 22 h\u00f4pitaux sur 147.<\/span><\/p>\n<p><b>CV&nbsp;: Pouvez-vous nous rappeler le contexte imm\u00e9diat entourant cette menace de gr\u00e8ve&nbsp;?<\/b><\/p>\n<p><b>LD&nbsp;: <\/b><span style=\"font-weight: 400;\">En 1964, la R\u00e9volution tranquille politique commen\u00e7ait \u00e0 s\u2019essouffler, mais la r\u00e9volution sociale prenait de l\u2019\u00e9lan. Les syndicats recrutaient de plus en plus de membres (dans le secteur hospitalier, le nombre de syndiqu\u00e9s est pass\u00e9 de 9 000 en 1960 \u00e0 36 000 en 1966), alors que s\u2019organisait aussi la fonction publique proprement dite (ouvriers, fonctionnaires, professionnels du gouvernement provincial). C\u2019\u00e9tait aussi une ann\u00e9e de conflits&nbsp;majeurs dans divers secteurs&nbsp;: \u00e0 <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">La Presse<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, chez les d\u00e9bardeurs de Montr\u00e9al, \u00e0 la Canadian Vickers\u2026 et une ann\u00e9e de grands d\u00e9bats sur le <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Code du travail<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> ainsi que sur le R\u00e9gime de rentes du Qu\u00e9bec.<\/span><\/p>\n<p><b>CV&nbsp;: Parlez-nous des probl\u00e8mes du syst\u00e8me d\u2019arbitrage obligatoire et des critiques soulev\u00e9es par les syndicats.<\/b><\/p>\n<p><b>LD&nbsp;: <\/b><span style=\"font-weight: 400;\">Les syndicats d\u2019infirmi\u00e8res n\u2019aimaient pas l\u2019arbitrage des conventions. Bien qu\u2019ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une premi\u00e8re sentence arbitrale tr\u00e8s avantageuse apr\u00e8s leur premier arbitrage en 1947, les infirmi\u00e8res affili\u00e9es \u00e0 la CSN, de concert avec la FNS et la Conf\u00e9d\u00e9ration des travailleurs catholiques du Canada (CTCC, devenue la CSN), ont rapidement d\u00e9nonc\u00e9 la formule d\u2019arbitrage. \u00ab&nbsp;Syst\u00e8me d\u2019arbitrage et r\u00e8gne de l\u2019arbitraire&nbsp;\u00bb, disaient-elles. Lors d\u2019un arbitrage, par exemple, un procureur syndical avait demand\u00e9 \u00e0 l\u2019administratrice S\u0153ur Marie de L\u2019Ange-Gardien quel \u00e9tait le niveau des salaires \u00e0 l\u2019H\u00f4pital Saint-Michel Archange. Lorsqu\u2019on lui a fait remarquer que les salaires \u00e9taient moins \u00e9lev\u00e9s qu\u2019elle ne le disait, elle avait affirm\u00e9 : \u00ab Je suis <\/span><a href=\"http:\/\/www.ipir.ulaval.ca\/fiche.php?id=413\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><span style=\"font-weight: 400;\">\u00e9conome<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">. Je viens de d\u00e9cider que les salaires sont du montant que je viens de mentionner&nbsp;\u00bb.<sup><a href=\"#3\">3<\/a><\/sup><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">En 1958, il est revenu aux infirmi\u00e8res de Hull de briser le mod\u00e8le \u00e9tabli des r\u00e8glements de conflits dans le secteur hospitalier. L\u2019Association professionnelle des infirmi\u00e8res licenci\u00e9es de l\u2019h\u00f4pital Sacr\u00e9-C\u0153ur de Hull avait entam\u00e9 une n\u00e9gociation avec les s\u0153urs de la Providence, repr\u00e9sent\u00e9es par le tr\u00e8s dur Arthur Matteau. Le syndicat demandait d\u2019augmenter le salaire de base de 205&nbsp;$ pour une semaine de 48 heures \u00e0 260&nbsp;$ pour une semaine de 40 heures. Ces demandes ont \u00e9t\u00e9 ignor\u00e9es. La partie patronale proposait plut\u00f4t des augmentations salariales insignifiantes et la r\u00e9duction de la semaine de travail de 48 \u00e0 44 heures. R\u00e9unies en assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, les infirmi\u00e8res ont manifest\u00e9 leur d\u00e9saccord et, \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9, se sont dit pr\u00eates \u00e0 interrompre leur travail d\u00e8s le lendemain et m\u00eame \u00e0 d\u00e9missionner. Puisque la gr\u00e8ve \u00e9tait interdite, elles ont effectivement d\u00e9missionn\u00e9 en bloc le 29 mai 1958. Il est int\u00e9ressant de noter qu\u2019il n\u2019y avait pas de lignes de piquetage, ni de <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">scabs<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> \u2013 j\u2019attribue ce dernier point au grand respect qu\u2019inspiraient leurs actions.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Les n\u00e9gociations se sont termin\u00e9es apr\u00e8s un mois de tractations par une victoire \u00e9clatante du syndicat. Les salaires sont pass\u00e9s de 225&nbsp;$ \u00e0 290&nbsp;$, ce qui faisait des infirmi\u00e8res de Hull celles qui \u00e9taient les mieux pay\u00e9es au Qu\u00e9bec. La semaine de travail est pass\u00e9e de 44 \u00e0 40 heures d\u00e8s d\u00e9cembre 1958. Les salari\u00e9es avaient d\u00e9sormais droit \u00e0 dix f\u00eates ch\u00f4m\u00e9es par ann\u00e9e. On leur reconnaissait \u00e9galement quatre semaines de vacances apr\u00e8s cinq ans de service. Un autre fait important&nbsp;: toutes celles qui avaient d\u00e9missionn\u00e9 ont pu r\u00e9int\u00e9grer leur poste sans aucune p\u00e9nalit\u00e9 ni pr\u00e9judice.<\/span><\/p>\n<p><b>CV&nbsp;: Comment s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e la n\u00e9gociation menant \u00e0 l\u2019affrontement final de 1964 ?<\/b><\/p>\n<p><b>LD&nbsp;:<\/b><span style=\"font-weight: 400;\"> Il y avait bien eu quelques gr\u00e8ves, mais l\u2019arbitrage \u00e9tait la r\u00e8gle. En 1963-1964, l\u2019Alliance s\u2019y \u00e9tait soumise, utilisant cette tribune au maximum pour faire conna\u00eetre la condition des infirmi\u00e8res. La n\u00e9gociation a d\u00e9but\u00e9 en avril 1963, avec quatre syndicats d\u2019infirmi\u00e8res. D\u2019autres s\u2019y sont joints entre d\u00e9cembre 1962 et mai 1963. Ils \u00e9taient vis-\u00e0-vis autant d\u2019h\u00f4pitaux qui \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9s par leurs associations, fusionn\u00e9es ou en voie de l\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019instigation et m\u00eame sous la pression des autorit\u00e9s religieuses : \u00ab Les directives romaines \u00e9taient claires&nbsp;: l\u00e0 o\u00f9 l\u2019\u00c9tat est pr\u00eat \u00e0 assumer les services sociosanitaires, l\u2019\u00c9glise catholique et ses congr\u00e9gations doivent se retirer de ce champ d\u2019action ou du moins ne pas entraver la prise en charge totale ou partielle de ces activit\u00e9s par l\u2019\u00c9tat&nbsp;\u00bb.<sup><a href=\"#4\">4<\/a><\/sup><\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Nous n\u2019\u00e9tions pas alors inform\u00e9es de ces politiques, et cela nous aurait \u00e9t\u00e9 bien utile. Au terme de la n\u00e9gociation, 22 syndicats affili\u00e9s \u00e0 la CSN, provenant surtout de Montr\u00e9al et de quelques autres r\u00e9gions, ont sign\u00e9 une m\u00eame convention. Le gouvernement n\u2019\u00e9tait&nbsp;<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">pas repr\u00e9sent\u00e9 officiellement aux n\u00e9gociations, mais il y d\u00e9l\u00e9guait un ou des observateurs.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le comit\u00e9 syndical de n\u00e9gociation comprenait une repr\u00e9sentante \u00e9lue de l\u2019ex\u00e9cutif local de chaque h\u00f4pital, dont le r\u00f4le \u00e9tait d\u00e9terminant, ainsi que l\u2019\u00e9quipe technique de l\u2019Alliance dirig\u00e9e par deux avocats, Bruno Meloche et Gilles Corbeil, et deux infirmi\u00e8res conseill\u00e8res syndicales aupr\u00e8s de l\u2019AIM, G\u00e9raldine Dumas et moi-m\u00eame. L\u2019Alliance avait mis sur pied une formation pour les repr\u00e9sentantes \u00e9lues qui visait \u00e0 leur faire prendre conscience des grands enjeux du monde du travail, de leur r\u00f4le social et de la n\u00e9cessaire solidarit\u00e9 entre les divers groupes. Une telle solidarit\u00e9 \u00e9tait loin d\u2019\u00eatre acquise&nbsp;: par exemple, dans mon h\u00f4pital, les infirmi\u00e8res avaient leur propre caf\u00e9t\u00e9ria, s\u00e9par\u00e9e de celle des employ\u00e9s g\u00e9n\u00e9raux et de celle des m\u00e9decins. On partageait un espace commun seulement la nuit. Les infirmi\u00e8res ne comprenaient pas toujours le contexte plus large et certaines pensaient : \u00ab De quoi il se m\u00eale lui [NDLR : le formateur], c\u2019est notre conflit \u00e0 nous-autres! \u00bb<\/span><\/p>\n<table border=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/vadeboncoeur.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4859 size-medium\" title=\"\u00ab Un peu d'histoire \u00bb : Texte d\u2019une allocution de Pierre Vadeboncoeur lors d\u2019une formation donn\u00e9e aux infirmi\u00e8res, ann\u00e9es 1950\" src=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/vadeboncoeur-204x300.jpg\" alt=\"\u00ab Un peu d'histoire \u00bb : Texte d\u2019une allocution de Pierre Vadeboncoeur lors d\u2019une formation donn\u00e9e aux infirmi\u00e8res, ann\u00e9es 1950\" width=\"204\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/vadeboncoeur-204x300.jpg 204w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/vadeboncoeur-768x1128.jpg 768w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/vadeboncoeur-697x1024.jpg 697w\" sizes=\"auto, (max-width: 204px) 100vw, 204px\" \/><\/a><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p style=\"font-size: 10px;\"><b style=\"font-size: 16px;\"><a href=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/vadeboncoeur.pdf\">\u00ab Un peu d&rsquo;histoire \u00bb : Texte d\u2019une allocution de Pierre Vadeboncoeur lors d\u2019une formation donn\u00e9e aux infirmi\u00e8res, ann\u00e9es 1950<\/a><\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Un jour, alors que l\u2019avocat Bruno Meloche nous avait fait lire \u00e0 tour de r\u00f4le des extraits de lois, une infirmi\u00e8re s\u2019est object\u00e9e en disant&nbsp;: \u00ab&nbsp;On n\u2019est pas venues ici pour lire des lois&nbsp;\u00bb. Bruno lui a r\u00e9pondu&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si on veut changer le monde, il faut apprendre \u00e0 lire les lois&nbsp;\u00bb. Les assembl\u00e9es de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9es \u00e9taient fr\u00e9quentes. On les invitait \u00e0 noter les probl\u00e8mes d\u2019organisation du travail et ses cons\u00e9quences sur la qualit\u00e9 des soins. C\u2019\u00e9tait aussi un moment de d\u00e9bat pour \u00e9laborer certaines revendications. Ces rencontres permettaient enfin de partager un bagage commun et ont contribu\u00e9 au fil des \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<p><b>CV&nbsp;: Quelle \u00e9tait la position des directions d\u2019h\u00f4pitaux dans tout ce processus ?<\/b><\/p>\n<p><b>LD&nbsp;:<\/b><span style=\"font-weight: 400;\"> Leurs relations avec les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9es \u00e9taient cordiales, mais leurs repr\u00e9sentants ne semblaient assumer aucune responsabilit\u00e9. Ils se justifiaient ainsi&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cela d\u00e9pend d\u00e9sormais du gouvernement. Les autorit\u00e9s de la province nous ont en effet pr\u00e9venues que si nous d\u00e9cidons de n\u00e9gocier des dispositions nouvelles, nous sommes libres de le faire, mais que l\u2019assurance sant\u00e9 ne tiendrait pas n\u00e9cessairement compte des augmentations de salaires dans les paiements qu\u2019ils devraient nous faire. C\u2019est pourquoi nous ne voulons pas n\u00e9gocier. Si l\u2019arbitrage, par d\u00e9cision ex\u00e9cutoire, nous force \u00e0 des augmentations, alors le gouvernement devra payer \u00bb.<sup><a href=\"#5\">5<\/a><\/sup><\/span><\/p>\n<p>Apr\u00e8s cinq mois de rencontres, la plupart des demandes syndicales avaient \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9es. C\u2019est pourquoi l\u2019Alliance a demand\u00e9 la conciliation le 11 juillet 1963, \u00e9tape n\u00e9cessaire avant l\u2019arbitrage. Le tribunal \u00e9tait compos\u00e9 du pr\u00e9sident, le juge Paul L\u2019Heureux, de Me Jean Filion comme arbitre patronal, alors que Marcel Pepin agissait comme arbitre syndical. Pepin, alors secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la CSN, avait accept\u00e9 exceptionnellement d\u2019agir \u00e0 ce titre, ce qui t\u00e9moigne de l\u2019int\u00e9r\u00eat de la direction de la CSN pour la cause des infirmi\u00e8res et, plus largement, de l\u2019importance de ce conflit dans l\u2019\u00e9volution des relations de travail dans les h\u00f4pitaux et dans les services publics.<\/p>\n<p>\u00c0 partir d\u2019octobre 1963, l\u2019Alliance a pr\u00e9sent\u00e9 ses arguments en 11 s\u00e9ances. Son procureur, Me Bruno Meloche, a fait entendre une s\u00e9rie de t\u00e9moignages d\u2019infirmi\u00e8res pour prouver la pertinence de leurs demandes. La pr\u00e9sidente, Madeleine Morgan, infirmi\u00e8re de Sainte-Justine, a expliqu\u00e9 l\u2019importance de la mise sur pied de comit\u00e9s de nursing, o\u00f9 les plaintes des travailleuses pourraient \u00eatre entendues. Me Meloche a aussi pr\u00e9sent\u00e9 une \u00e9tude, pr\u00e9par\u00e9e par une \u00e9quipe de recherche de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, qui visait \u00e0 d\u00e9montrer la p\u00e9nurie d\u2019infirmi\u00e8res au Qu\u00e9bec, en comparaison avec d\u2019autres provinces canadiennes. Ainsi, le nombre de lits par infirmi\u00e8re dipl\u00f4m\u00e9e \u00e9tait de 3,6 au Qu\u00e9bec, alors qu\u2019il \u00e9tait de 2,6 au Canada. Les conclusions d\u00e9montraient \u00e9galement le manque de formation d\u2019une partie du personnel soignant. Le taux de roulement des infirmi\u00e8res dipl\u00f4m\u00e9es \u00e9tait d\u2019ailleurs tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 : pr\u00e8s de 60&nbsp;% d\u2019entre elles travaillaient alors depuis moins de deux ans dans leur \u00e9tablissement. Ceci est \u00e0 situer dans un contexte o\u00f9 le ratio de lits d\u2019h\u00f4pitaux \u00e9tait de 1,86 par 1000 habitants au Qu\u00e9bec, alors qu\u2019il \u00e9tait de 1,93 au Canada.<\/p>\n<p>La partie patronale \u00e9tait consciente du m\u00e9contentement croissant chez les infirmi\u00e8res, et l\u2019essentiel de sa d\u00e9marche consistait \u00e0 solliciter du tribunal une sentence provisoire pour augmenter de 5&nbsp;$ par semaine l\u2019\u00e9chelle des salaires en vigueur. L\u2019Alliance a d\u00e9nonc\u00e9 cette mesure dilatoire qui ne r\u00e9pondait pas du tout aux nombreuses revendications des infirmi\u00e8res. Nous consid\u00e9rions qu\u2019une telle&nbsp;sentence int\u00e9rimaire consacrerait la primaut\u00e9 de l\u2019item salaire au d\u00e9triment des autres questions auxquelles nous attachions encore plus d\u2019importance.<\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Sur r\u00e9ception de cette r\u00e9ponse, le tribunal a convenu de ne pas proc\u00e9der, mais plut\u00f4t de commencer le d\u00e9lib\u00e9r\u00e9. Mais, \u00e0 la surprise de tout le monde, le juge L\u2019Heureux a d\u00e9missionn\u00e9 au terme de sept s\u00e9ances de d\u00e9lib\u00e9ration. &nbsp;<\/span><\/p>\n<p><b>CV&nbsp;: Cette d\u00e9mission a-t-elle eu de grandes cons\u00e9quences ?<\/b><\/p>\n<p><b>LD :<\/b><span style=\"font-weight: 400;\"> Effectivement, elle a eu une importance politique inattendue. Dans la lettre qu\u2019il a adress\u00e9e \u00e0 l\u2019Alliance le 14 mai 1964, le juge L\u2019Heureux s\u2019expliquait ainsi&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les r\u00e8glements actuels, dont il semble que tout le monde soit prisonnier, ne me permettent pas de m\u2019acquitter des obligations que j\u2019ai assum\u00e9es en pr\u00eatant le serment d\u2019office [\u2026]. Lorsque j\u2019ai acquis la conviction que rien ne serait fait pour rem\u00e9dier au probl\u00e8me et qu\u2019il m\u2019\u00e9tait impossible, dans les circonstances, de rendre une d\u00e9cision juste et \u00e9quitable pour les parties, \u00e0 la satisfaction de ma conscience, j\u2019ai pri\u00e9 le Ministre concern\u00e9 de ne pas renouveler le mandat de ce conseil d\u2019arbitrage qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 expir\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/span><\/p>\n<p>\u00c0 la suite de cette d\u00e9mission, le gouvernement a nomm\u00e9 le juge Ignace Deslauriers pour remplacer le juge L\u2019Heureux. \u00c0 l\u2019assembl\u00e9e suivante du Conseil g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019AIM, Madeleine Morgan&nbsp;d\u00e9clara&nbsp;: \u00ab&nbsp;Apr\u00e8s 15 mois de proc\u00e9dure, les infirmi\u00e8res ne sont pas pr\u00eates \u00e0 tout reprendre \u00e0 z\u00e9ro. La pr\u00e9sence du gouvernement nous appara\u00eet indispensable puisque, en dernier lieu, c\u2019est lui qui doit solder le co\u00fbt. D\u2019ailleurs, nous ne sommes pas les premi\u00e8res \u00e0 poser un tel geste. Il en fut ainsi pour les radiologistes, les pathologistes, les h\u00e9matologistes et les internes des h\u00f4pitaux, qui ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des pourparlers directs avec le minist\u00e8re de la Sant\u00e9&nbsp;\u00bb.<sup><a href=\"#6\">6<\/a><\/sup><\/p>\n<p>Les infirmi\u00e8res se d\u00e9clar\u00e8rent alors pr\u00eates \u00e0 se rendre jusqu\u2019\u00e0 la gr\u00e8ve plut\u00f4t que de reprendre la proc\u00e9dure d\u2019arbitrage. Elles ont vot\u00e9 une r\u00e9solution demandant une rencontre aux repr\u00e9sentants du gouvernement et des h\u00f4pitaux pour trouver une solution rapide. Une telle rencontre a eu lieu au bureau du ministre de la Sant\u00e9. Le ministre a accept\u00e9 que les n\u00e9gociations directes reprennent en pr\u00e9sence des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s du gouvernement&nbsp;: Roch Bolduc et Gaston Cholette, auxquels s\u2019est joint le sous-ministre du Travail, Donat Quimper, qui a agi comme m\u00e9diateur \u00e0 compter du 1er juin. La vieille proc\u00e9dure d\u2019arbitrage ne tenait plus.<\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Bien rapidement, les infirmi\u00e8res ont toutefois r\u00e9alis\u00e9 que le gouvernement n\u2019\u00e9tait pas leur alli\u00e9. Rappelons que Lesage avait promis de mettre en place l\u2019assurance-hospitalisation (r\u00e9alis\u00e9e en 1961), mais aussi de ne pas augmenter les imp\u00f4ts. \u00c9voquant sa pr\u00e9paration du budget avec ses ministres, son biographe \u00e9crit&nbsp;que \u00ab&nbsp;les n\u00e9gociations opini\u00e2tres mettaient en lumi\u00e8re l\u2019optique essentiellement conservatrice de Lesage en mati\u00e8re de finances publiques. Dans les affaires priv\u00e9es, il jugeait les dettes intol\u00e9rables&nbsp;\u00bb.<sup><a href=\"#7\">7<\/a><\/sup><\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Entre les attentes de la population, l\u2019extension du syndicalisme et le conservatisme financier du gouvernement, la table \u00e9tait mise pour des affrontements d\u2019une nouvelle nature dans le secteur hospitalier.<\/span><\/p>\n<p>Lors des premi\u00e8res rencontres, les repr\u00e9sentants gouvernementaux ont remis sur la table les propositions des h\u00f4pitaux, d\u00e9j\u00e0 rejet\u00e9es deux fois par l\u2019Alliance. Il y avait entente sur des questions secondaires, mais aucune avanc\u00e9e sur les priorit\u00e9s de l\u2019Alliance&nbsp;: comit\u00e9s de nursing, promotion des la\u00efques aux postes d\u2019hospitali\u00e8res et augmentation des salaires. Manifestant leur impatience, 800 membres r\u00e9unies en assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, par un vote de 97&nbsp;%, ont autoris\u00e9 le comit\u00e9 ex\u00e9cutif \u00e0 convoquer toutes ses membres \u00e0 des&nbsp;\u00ab&nbsp;journ\u00e9es d\u2019\u00e9tude&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 des arr\u00eats de travail concert\u00e9s, d\u00e8s qu\u2019il le jugerait \u00e0 propos.<\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Commen\u00e7ait alors une joute entre les syndicats et le gouvernement. Des contacts de Jean Marchand, pr\u00e9sident de la CSN, ont alors tent\u00e9 d\u2019attirer l\u2019attention du Premier ministre Lesage par l\u2019interm\u00e9diaire de Ren\u00e9 L\u00e9vesque. La mobilisation \u00e9tait difficile. La pr\u00e9sidente de section de l\u2019H\u00f4tel-Dieu de Montr\u00e9al affirma&nbsp;: \u00ab Ce qui frappe \u00e0 premi\u00e8re vue, c\u2019est l\u2019\u00e9tat de lassitude des infirmi\u00e8res qui semble caus\u00e9 par la trop grande tension et longue attente. \u00c9galement une perte de confiance envers le syndicat [\u2026] \u00bb.<sup><a href=\"#8\">8<\/a><\/sup><\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> D\u2019autres d\u00e9l\u00e9gu\u00e9es insistaient pour \u00ab&nbsp;sortir&nbsp;\u00bb sans d\u00e9lai. L\u2019\u00e9t\u00e9 approchait et certaines \u00e9taient press\u00e9es de recevoir les augmentations salariales. Il \u00e9tait difficile de maintenir la coh\u00e9sion du groupe. Pour encourager les infirmi\u00e8res, Madeleine Morgan, une leader naturelle, pouvait monter sur les tables pour inciter les infirmi\u00e8res \u00e0 continuer la lutte, en rappelant qu\u2019\u00ab on ne fait pas \u00e7a pour nous autres, on fait \u00e7a pour les malades \u00bb. Lesage, pour sa part, \u00e9tait furieux. Ce n\u2019\u00e9tait pas de gaiet\u00e9 de c\u0153ur qu\u2019il avait autoris\u00e9 des n\u00e9gociations avec un syndicat qui mena\u00e7ait de faire la gr\u00e8ve&nbsp;!<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Finalement, le 8 juin, \u00e0 la suite de la rencontre entre le pr\u00e9sident de la CSN et le Premier ministre, c\u2019est \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative du Qu\u00e9bec que ce dernier a annonc\u00e9 la reprise des pourparlers avec l\u2019Alliance. Ce n\u2019est que gr\u00e2ce \u00e0 une s\u00e9rieuse menace de gr\u00e8ve ill\u00e9gale que la v\u00e9ritable n\u00e9gociation a commenc\u00e9.<\/span><\/p>\n<table style=\"height: 371px;\" border=\"0\" width=\"389\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/2_CSN_communique.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-4862\" title=\"Communiqu\u00e9 de la Conf\u00e9d\u00e9ration des syndicats nationaux, 8 juin 1964\" src=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/2_CSN_communique-224x300.jpg\" alt=\"Communiqu\u00e9 de la Conf\u00e9d\u00e9ration des syndicats nationaux, 8 juin 1964\" width=\"224\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/2_CSN_communique-224x300.jpg 224w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/2_CSN_communique.jpg 592w\" sizes=\"auto, (max-width: 224px) 100vw, 224px\" \/><\/a><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p style=\"font-size: 10px;\">Cr\u00e9dit : Communiqu\u00e9 de la Conf\u00e9d\u00e9ration des syndicats nationaux, 8 juin 1964<br \/>\nCliquez sur l&rsquo;image pour agrandir<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><b>CV&nbsp;: Quelles \u00e9taient les priorit\u00e9s des infirmi\u00e8res ? Quels ont \u00e9t\u00e9 les gains ?<\/b><\/p>\n<p><b>LD&nbsp;:<\/b><span style=\"font-weight: 400;\"> Ce conflit marque en d\u00e9finitive la fin de l\u2019arbitrage des conventions collectives dans les \u00e9tablissements de sant\u00e9&nbsp;: le 22 juillet 1964, le <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Code du travail<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> a octroy\u00e9 le droit de gr\u00e8ve, \u00e0 partir du premier septembre, aux employ\u00e9s syndiqu\u00e9s des h\u00f4pitaux &#8211; et seulement plus tard aux fonctionnaires provinciaux, aux enseignants et \u00e0 d\u2019autres.<\/span><\/p>\n<p>La convention a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e le 17 juin 1964 par un vote de 95&nbsp;% des membres r\u00e9unies en assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale. En termes de structures, les syndicats \u00e9taient pass\u00e9s de la n\u00e9gociation locale \u00e0 la n\u00e9gociation regroup\u00e9e de tous les syndicats d\u2019infirmi\u00e8res affili\u00e9es \u00e0 la CSN, assurant la quasi-parit\u00e9 des salaires et autres conditions de travail.<\/p>\n<p>La reconnaissance des comit\u00e9s de nursing avait \u00e9t\u00e9 notre premi\u00e8re priorit\u00e9, et nous l\u2019avions obtenue. Il y avait en effet une volont\u00e9 de participation aux d\u00e9cisions concernant l\u2019organisation des soins, qui s\u2019exprimait principalement dans la revendication d\u2019un comit\u00e9 de nursing dans chaque \u00e9tablissement. Ainsi, la convention n\u00e9goci\u00e9e d\u00e9bordait le cadre traditionnel des conditions habituellement pr\u00e9vues dans les conventions (dur\u00e9e du travail, salaire et avantages sociaux, protection de l\u2019emploi, s\u00e9curit\u00e9 syndicale), puisqu\u2019elle mettait en place des m\u00e9canismes d\u2019intervention collective sur l\u2019organisation du travail. Ces comit\u00e9s de nursing auraient la responsabilit\u00e9 d\u2019examiner le fardeau de travail ainsi que toute autre question d\u2019organisation rapport\u00e9e par les infirmi\u00e8res. \u00c0 d\u00e9faut d\u2019entente, un arbitre trancherait. Parall\u00e8lement, la convention limitait les droits de g\u00e9rance des employeurs. Il s\u2019agissait d\u2019une proc\u00e9dure de grief simplifi\u00e9e qui donnait la possibilit\u00e9 de pr\u00e9senter un grief sur tous les \u00e9l\u00e9ments des conditions de travail, m\u00eame si cela n\u2019\u00e9tait pas abord\u00e9 dans la convention.<\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Notre deuxi\u00e8me priorit\u00e9 \u00e9tait une \u00ab&nbsp;clause de promotion&nbsp;\u00bb qui visait \u00e0 permettre l\u2019acc\u00e8s aux postes d\u2019hospitali\u00e8res pour les infirmi\u00e8res la\u00efques (voir la <\/span><a href=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/2018\/02\/12\/entretien-avec-lucie-dagenais-premiere-partie\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><span style=\"font-weight: 400;\">premi\u00e8re partie<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400;\"> de notre entretien). Les infirmi\u00e8res \u00e9taient particuli\u00e8rement choqu\u00e9es par ce privil\u00e8ge injustifi\u00e9 qu\u2019avaient les religieuses. <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">Mais l\u2019id\u00e9e de l\u2019abolition de ce privil\u00e8ge provoquait une r\u00e9sistance \u00e9norme du c\u00f4t\u00e9 patronal, surtout chez les s\u0153urs de la Providence qui contr\u00f4laient un grand nombre d\u2019h\u00f4pitaux.<\/span><\/p>\n<table border=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/3_libre_morgan.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-4863 size-medium\" title=\"Presse Libre, Montr\u00e9al, 14 octobre 1964, p.3\" src=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/3_libre_morgan-256x300.png\" alt=\"Presse Libre, Montr\u00e9al, 14 octobre 1964, p.3\" width=\"256\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/3_libre_morgan-256x300.png 256w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/3_libre_morgan-768x901.png 768w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/3_libre_morgan-873x1024.png 873w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/3_libre_morgan.png 923w\" sizes=\"auto, (max-width: 256px) 100vw, 256px\" \/><\/a><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p style=\"font-size: 10px;\">Cr\u00e9dit :&nbsp;Presse Libre, Montr\u00e9al, 14 octobre 1964, p.3<br \/>\nCliquez sur l&rsquo;image pour agrandir<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><b>CV&nbsp;: Pourquoi n\u2019avez-vous pas eu gain de cause&nbsp;sur la question de ces privil\u00e8ges ? <\/b><\/p>\n<p><b>LD<\/b><span style=\"font-weight: 400;\">&nbsp;: Il faut se reporter \u00e0 l\u2019\u00e9poque pour mesurer le pouvoir des communaut\u00e9s religieuses qui \u00e9taient propri\u00e9taires et contr\u00f4laient la majorit\u00e9 des \u00e9tablissements de sant\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Dans ses m\u00e9moires intitul\u00e9s <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Au service du Qu\u00e9bec<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, l\u2019ancien haut fonctionnaire Gaston Cholette raconte qu\u2019au cours de la m\u00e9diation, l\u2019\u00ab&nbsp;\u00e9conome&nbsp;\u00bb des s\u0153urs de la Providence avait d\u00e9clar\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous tenons pour essentielle \u00e0 notre efficacit\u00e9 la pratique selon laquelle nous faisons circuler nos religieuses d\u2019un h\u00f4pital \u00e0 l\u2019autre en leur r\u00e9servant partout la fonction d\u2019hospitali\u00e8re. Si un jour il devenait impossible de continuer \u00e0 agir ainsi dans les h\u00f4pitaux qu\u00e9b\u00e9cois, nous nous retirerions du Qu\u00e9bec et irions ailleurs&nbsp;\u00bb.<sup><a href=\"#9\">9<\/a><\/sup><\/span><\/p>\n<p>Dans le m\u00eame livre, Gaston Cholette rapporte que Jean Lesage et le ministre Couturier ont pris au s\u00e9rieux cet avertissement. Jean Marchand, ne voulant pas que le conflit tourne en guerre ouverte contre les communaut\u00e9s religieuses, est intervenu aupr\u00e8s de l\u2019AIM pour faire miroiter les gains substantiels obtenus par ailleurs et faire accepter le fait que la promotion au poste d\u2019hospitali\u00e8re s\u2019obtiendrait par \u00e9tapes. La convention de 1964 n\u2019a donc finalement pas reconnu la \u00ab&nbsp;clause promotion&nbsp;\u00bb que nous demandions, \u00e0 la grande d\u00e9ception de l\u2019organisation syndicale.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la signature de la nouvelle convention, l\u2019ex\u00e9cutif de l\u2019Alliance a recommand\u00e9 \u00e0 ses responsables d\u2019identifier dans chaque h\u00f4pital des religieuses hospitali\u00e8res afin de remettre en question leur comp\u00e9tence et de v\u00e9rifier leur inscription au registre de l\u2019Association des infirmi\u00e8res du Qu\u00e9bec. L\u2019on a pu constater que certaines n\u2019\u00e9taient m\u00eame pas infirmi\u00e8res. Cette lutte a culmin\u00e9 lors de la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale de 1966. Cette fois, les h\u00f4pitaux ont \u00e9t\u00e9 mis sous tutelle par le gouvernement et celui-ci a enfin mis un terme \u00e0 ce privil\u00e8ge des infirmi\u00e8res religieuses.<\/p>\n<p><b>CV : Qu\u2019en \u00e9tait-il des autres conditions de travail ?<\/b><\/p>\n<p><b>LD : <\/b><span style=\"font-weight: 400;\">Apr\u00e8s la cr\u00e9ation des comit\u00e9s de nursing et la promotion des la\u00efques aux postes d\u2019hospitali\u00e8res, la question des salaires \u00e9tait la troisi\u00e8me priorit\u00e9 du syndicat. Alors qu\u2019on d\u00e9plorait la p\u00e9nurie d\u2019infirmi\u00e8res, on faisait remarquer que les bas salaires n\u2019\u00e9taient pas de nature \u00e0 retenir celles-ci dans la profession. De plus, les ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9rience ne valaient que pour l\u2019\u00e9tablissement concern\u00e9, et n\u2019\u00e9taient pas transf\u00e9rables d\u2019une institution \u00e0 l\u2019autre. La reconnaissance de l\u2019exp\u00e9rience acquise dans tout le r\u00e9seau repr\u00e9sentait un gain important pour bon nombre des membres, tout comme la pleine r\u00e9troactivit\u00e9 des salaires au d\u00e9but des 15 mois de n\u00e9gociation. C\u2019\u00e9tait l\u2019un des reproches que l\u2019on faisait aux arbitrages, qui n\u2019octroyaient la r\u00e9troactivit\u00e9 que rarement. Le salaire de base d\u2019une infirmi\u00e8re en service g\u00e9n\u00e9ral passait ainsi de 66,50&nbsp;$ \u00e0 82&nbsp;$ par semaine, en plus de nombreuses primes.<\/span><\/p>\n<p>Les avantages sociaux faisaient \u00e9galement partie de nos priorit\u00e9s. \u00c0 cet \u00e9gard, c\u2019est le cong\u00e9 de maternit\u00e9 qui constituait une nouveaut\u00e9 pour une convention collective. Nous demandions un cong\u00e9 de maternit\u00e9 sans solde, consid\u00e9rant, apr\u00e8s un d\u00e9bat difficile, que ce n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 l\u2019employeur, mais \u00e0 l\u2019\u00c9tat de r\u00e9mun\u00e9rer un tel cong\u00e9. Les quatre semaines de vacances, apr\u00e8s un an de service, ont \u00e9t\u00e9 pour leur part obtenues sans trop de difficult\u00e9s pour les infirmi\u00e8res. Cette mesure existait d\u00e9j\u00e0 dans certains h\u00f4pitaux.<\/p>\n<p>L\u2019instauration d\u2019une caisse de retraite obligatoire, financ\u00e9e par les cotisations syndicales et patronales paritaires, dans les h\u00f4pitaux \u00e9tait une autre premi\u00e8re dans une convention collective au Qu\u00e9bec. Cette revendication, avanc\u00e9e par une minorit\u00e9 de membres du syndicat, avait rencontr\u00e9 une forte r\u00e9sistance dans l\u2019organisation. Plusieurs membres croyaient qu\u2019elles \u00ab&nbsp;ne se rendraient pas l\u00e0&nbsp;\u00bb. Le comit\u00e9 de n\u00e9gociation craignait tellement que cette revendication soit rejet\u00e9e par les membres qu\u2019il avait demand\u00e9 l\u2019assistance de Jean Marchand, alors pr\u00e9sident de la CSN, pour convaincre l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de son importance.<\/p>\n<p>Nous demandions enfin, et avons obtenu, la formule \u00ab Rand \u00bb, que nous consid\u00e9rions comme essentielle \u00e0 la bonne entente entre toutes les b\u00e9n\u00e9ficiaires de la convention collective. Toutes les salari\u00e9es, syndiqu\u00e9es ou non, devraient d\u00e9sormais participer au financement du syndicat par une cotisation per\u00e7ue par l\u2019employeur.<\/p>\n<p><b>CV&nbsp;: Que retenez-vous de cette histoire passionnante&nbsp;?<\/b><\/p>\n<p><b>LD&nbsp;:<\/b><span style=\"font-weight: 400;\"> L\u2019Alliance des infirmi\u00e8res de la CSN avait mis en place des moyens exceptionnels pour faire valoir les revendications, qui ont durablement marqu\u00e9 les n\u00e9gociations collectives au Qu\u00e9bec. L\u2019implication directe des membres \u00e0 toutes les \u00e9tapes des n\u00e9gociations, la clairvoyance et l\u2019audace des dirigeants syndicaux, la qualit\u00e9 des communications avec les m\u00e9dias, tout cela a permis de vaincre l\u2019obstruction patronale et d\u2019imposer la libre n\u00e9gociation dans le secteur hospitalier.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Une intervention de Pierre Vadeboncoeur au congr\u00e8s de la CSN de 1964<sup><a href=\"#10\">10<\/a><\/sup><\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> a \u00e9t\u00e9 un baume apr\u00e8s tant de mois de lutte :<\/span><\/p>\n<table border=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/4_vadeboncoeur_CSN_1964.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-4864 size-medium\" title=\"Extrait du proc\u00e8s-verbal du congr\u00e8s de la CSN, 1964, page 225\" src=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/4_vadeboncoeur_CSN_1964-300x169.png\" alt=\"Extrait du proc\u00e8s-verbal du congr\u00e8s de la CSN, 1964, page 225\" width=\"300\" height=\"169\" srcset=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/4_vadeboncoeur_CSN_1964-300x169.png 300w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/4_vadeboncoeur_CSN_1964.png 470w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p style=\"font-size: 10px;\">Cr\u00e9dit : Extrait du proc\u00e8s-verbal du congr\u00e8s de la CSN, 1964, page 225<br \/>\nCliquez sur l&rsquo;image pour agrandir<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>C\u2019est avec beaucoup d\u2019\u00e9motions que j\u2019ai retrac\u00e9 les \u00e9v\u00e9nements de cette p\u00e9riode. J\u2019ai beaucoup d\u2019admiration pour les militantes qui ont men\u00e9 ce combat et pour la CSN qui nous a soutenues.<br \/>\n<span style=\"color: #333333; font-family: 'Open Sans', sans-serif;\">\u00c0 \u00e9couter les informations sur les conflits entre les&nbsp;personnels&nbsp;et les directions hospitali\u00e8res et minist\u00e9rielles, je d\u00e9plore qu\u2019aient \u00e9t\u00e9 mis de c\u00f4t\u00e9 les m\u00e9canismes obtenus alors, qui s\u2019appuyaient davantage sur la parole et le point de vue des soignantes \u00e0 la base, dans&nbsp;des \u00e9tablissements \u00e0 taille humaine.&nbsp;Comment peut se faire entendre la parole des infirmi\u00e8res sur le terrain dans les structures archi-complexes mises en place dans la derni\u00e8re d\u00e9cennie ?<\/span><span style=\"color: #333333; font-family: 'Open Sans', sans-serif;\">&nbsp;<\/span><span style=\"color: #333333; font-family: 'Open Sans', sans-serif;\">Il faut esp\u00e9rer que le syst\u00e8me de sant\u00e9 qu\u00e9b\u00e9cois retrouve sa bonne r\u00e9putation et sa bonne humeur.<\/span><\/p>\n<p><i><span style=\"font-weight: 400;\">Dans la troisi\u00e8me et derni\u00e8re entrevue, nous couvrirons la gr\u00e8ve provinciale des h\u00f4pitaux de 1966.<\/span><\/i><\/p>\n<p><b>Pour aller plus loin&nbsp;:<\/b><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Madeleine Morgan, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">La col\u00e8re des douces, La gr\u00e8ve des infirmi\u00e8res de Sainte-Justine en 1963<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, Montr\u00e9al, CSN, 2003.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Luc Desrochers,&nbsp;<\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Une histoire de dignit\u00e9. FAS (CSN) 1935-1973<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, Beauport, Qc., MNH, 1997.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Gaston Cholette, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Au service du Qu\u00e9bec. Souvenirs<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, Sillery, Qc., Septentrion, 2010.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Martin Petitclerc et Martin Robert, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Gr\u00e8ve et Paix<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, Montr\u00e9al, Lux, 2018.<\/span><\/p>\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><br \/>\n<sup><a name=\"1\"><\/a>1&nbsp;<span style=\"font-weight: 400;\">Jacques Archambault, \u00ab&nbsp;Le salari\u00e9 en face des lois ouvri\u00e8res&nbsp;\u00bb, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Relations industrielles<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, vol. 13, no 4, octobre 1957, p. 360.<\/span><\/sup><br \/>\n<sup><a name=\"2\"><\/a>2 F\u00e9d\u00e9ration nationale des services, CSN, Proc\u00e8s-verbal du Congr\u00e8s 1964, p. 18.<\/sup><br \/>\n<sup><a name=\"3\"><\/a>3&nbsp;<span style=\"font-weight: 400;\">Andr\u00e9 Valiquette, Entrevue de Pierre Vadeboncoeur 8\/3\/83.<\/span><\/sup><br \/>\n<sup><a name=\"4\"><\/a>4 L<span style=\"font-weight: 400;\">uc Desrochers,&nbsp;<\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Une histoire de dignit\u00e9. FAS (CSN) 1935-1973<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, Beauport, Qc., MNH, 1997, p. 186.<\/span><\/sup><br \/>\n<sup><a name=\"5\"><\/a>5 <em>Ibid<\/em><span style=\"font-weight: 400;\">, p. 175.<\/span><\/sup><br \/>\n<sup><a name=\"6\"><\/a>6&nbsp;<i><span style=\"font-weight: 400;\">Le travail<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, vol. XL, no 6, juin 1964, p. 6.<\/span><\/sup><br \/>\n<sup><a name=\"7\"><\/a>7&nbsp;<span style=\"font-weight: 400;\">Dale C. Thomson, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Jean Lesage et la R\u00e9volution tranquille<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, trad. Francis Dufau-Labeyrie, Saint-Laurent, Qc., \u00c9ditions du Tr\u00e9carr\u00e9, 1984, p. 233.<\/span><\/sup><br \/>\n<sup><a name=\"8\"><\/a>8&nbsp;<span style=\"font-weight: 400;\">AIM, Rapports des pr\u00e9sidentes de sections, archives non organis\u00e9es de Madeleine Morgan, 15 juin 1964.<\/span><\/sup><br \/>\n<sup><a name=\"9\"><\/a>9&nbsp;<span style=\"font-weight: 400;\">Gaston Cholette,<\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\"> Au service du Qu\u00e9bec. Souvenirs<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, Sillery, Qc., Septentrion, p. 110.<\/span><\/sup><br \/>\n<sup><a name=\"10\"><\/a>10&nbsp;<span style=\"font-weight: 400;\">Voir le proc\u00e8s-verbal du congr\u00e8s, page 225.<\/span><\/sup><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette deuxi\u00e8me partie d\u2019entrevue (voir la premi\u00e8re partie) porte sur le conflit de travail de 1964 entre l\u2019Alliance des infirmi\u00e8res de Montr\u00e9al (AIM-CSN) et une vingtaine d\u2019h\u00f4pitaux francophones g\u00e9r\u00e9s par&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4861,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[57,9],"tags":[30],"class_list":["post-4808","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-acteurs-et-actrices","category-blogue","tag-cory-verbauwhede"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4808","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4808"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4808\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4861"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4808"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4808"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4808"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}