{"id":2944,"date":"2017-09-25T12:27:08","date_gmt":"2017-09-25T16:27:08","guid":{"rendered":"https:\/\/chrs.dev.uqam.ca\/?p=2944"},"modified":"2017-12-11T13:10:29","modified_gmt":"2017-12-11T17:10:29","slug":"entretien-avec-frederic-chauvaud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/2017\/09\/25\/entretien-avec-frederic-chauvaud\/","title":{"rendered":"Entretien avec Fr\u00e9d\u00e9ric Chauvaud"},"content":{"rendered":"<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Chauvaud est professeur d\u2019histoire contemporaine \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Poitiers. Ses travaux portent principalement sur l\u2019exercice de la justice p\u00e9nale, sur le corps et la violence et sur l\u2019histoire des femmes criminelles. En 2014, il signait <em>Histoire de la haine. Une passion funeste, 1830-1930<\/em>, parue aux Presses Universitaires de Rennes. Parmi ses autres publications figurent en 2014 <em>Au voleur ! Images et repr\u00e9sentations du vol dans la France contemporaine<\/em>, qu\u2019il codirigeait avec Arnaud-Dominique Houte, parue aux Publications de la Sorbonne, ainsi que <em>Le corps empoisonn\u00e9. Pratiques, savoirs et imaginaire de l\u2019Antiquit\u00e9 \u00e0 nos jours<\/em>, en codirection avec Lydie Bodiou et Myriam Soria, parue chez Classique Garnier.<!--more--><\/p>\n<p>Entrevue par Martin Robert<\/p>\n<p><strong>Martin Robert\u00a0: Comment expliqueriez-vous votre int\u00e9r\u00eat d\u2019historien envers les relations entre le crime, l\u2019image et le corps ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Chauvaud\u00a0: Cela vient peut-\u00eatre de mes travaux initiaux. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 l\u2019un des premiers \u00e0 entreprendre une th\u00e8se d\u2019histoire contemporaine fond\u00e9e sur une lecture de dossiers judiciaires, plus particuli\u00e8rement ceux produits par la justice p\u00e9nale. Il existait d\u00e9j\u00e0 d\u2019autres travaux, mais qui s\u2019inscrivaient dans le sillage d\u2019une histoire quantitative, autrement dit, on comptait les d\u00e9lits et les crimes, mais on n\u2019ouvrait pas les dossiers. Quand on les lit, on se rend compte qu\u2019ils peuvent servir de supports et de mat\u00e9riaux \u00e0 de multiples approches puisqu\u2019il devient possible de proposer une histoire de la criminalit\u00e9, une histoire de la vie quotidienne, de l\u2019enqu\u00eate judiciaire, des r\u00f4les masculin et f\u00e9minin, etc. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur des dossiers\u00a0on trouve des descriptions corporelles et des rapports d\u2019autopsie mais aussi des dessins, des relev\u00e9s ou des croquis de la sc\u00e8ne de crime. Dans les affaires d\u2019incendies ou de vols avec effraction, des plans sont dress\u00e9s, avec parfois l\u2019\u00e9chelle et les directions (nord, est\u2026), des b\u00e2timents sont repr\u00e9sent\u00e9s ; dans celles de crimes de sang, des victimes sont figur\u00e9es, les corps crayonn\u00e9s \u00e0 la h\u00e2te, la photographie s\u2019imposant plus tardivement, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1890.<\/p>\n<p><strong>MR\u00a0: Comment aborde-t-on les repr\u00e9sentations du crime, visuelle ou autre, d\u2019une mani\u00e8re historique ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>FC\u00a0: C\u2019est tr\u00e8s difficile. En effet, avec les archives judiciaires, le chercheur est confront\u00e9 \u00e0 toute une gamme de repr\u00e9sentations\u00a0: litt\u00e9raires, scientifiques \u2013\u00a0m\u00e9dico-l\u00e9gales, chimiques, psychiatriques \u2013, visuelles. Il faut tenir compte aussi de la perception des acteurs qui rel\u00e8vent des imaginaires sociaux et qui fabriquent le dossier d\u2019instruction. Apparaissent ainsi le point de vue des t\u00e9moins, celui des suspects, du magistrat instructeur, mais aussi du greffier. De la sorte, il convient sans doute d\u2019adopter la posture de l\u2019ethnologue, qui consiste \u00e0 s\u2019immerger dans une soci\u00e9t\u00e9. Si l\u2019on veut restituer le point de vue des hommes et des femmes du pass\u00e9, il faut accepter cette immersion. Il convient de s\u2019impr\u00e9gner, de rendre pr\u00e9sents des personnalit\u00e9s et des groupes, d\u2019essayer de r\u00e9ussir une synth\u00e8se entre le sensible et l\u2019intelligible, puis, \u00e0 partir de cette impr\u00e9gnation, de construire sa grille de lecture, sa probl\u00e9matique principale, ses probl\u00e9matiques secondaires\u2026 Je peux vous donner un exemple concret\u00a0: celui de la perception des criminels par leurs contemporains. Quand on lit les dossiers, qui peuvent contenir un tr\u00e8s grand nombre de pi\u00e8ces, du proc\u00e8s-verbal dress\u00e9 par un gendarme \u00e0 la r\u00e9daction de l\u2019acte d\u2019accusation, on se rend compte que certaines repr\u00e9sentations publiques des criminels n\u2019apparaissent pas sous la plume des magistrats, ni sous la plume des avocats, ni m\u00eame sous celle des experts. Les auteurs de crime de sang sont class\u00e9s par les hommes et les femmes du pass\u00e9 en trois cat\u00e9gories, c\u2019est une fa\u00e7on de comprendre le monde social et de s\u2019y mouvoir. La premi\u00e8re cat\u00e9gorie est celle du monstre froid. C\u2019est celui qui, sans \u00e9prouver d\u2019\u00e9motion, peut tuer quelqu\u2019un. Il semble indiff\u00e9rent. Il n\u2019exprime pas de regrets et n\u2019\u00e9prouve pas de remords. Le lexique utilis\u00e9\u00a0: \u00ab de sang froid \u00bb, \u00ab glacial \u00bb, \u00ab insensible \u00bb. La deuxi\u00e8me grande cat\u00e9gorie est celle du monstre chaud. Le lexique vient une nouvelle fois au secours de cette perception : le sang bouillonnait dans ses veines, il \u00e9tait pris de col\u00e8re, il a vu rouge, il avait le sang chaud. Ces deux cat\u00e9gories permettent d\u2019acc\u00e9der \u00e0 l\u2019intelligence des relations humaines et de dresser une carte du monde social dans lequel on vit. Mais il manque une derni\u00e8re cat\u00e9gorie, celle du monstre \u00e9nigmatique\u00a0: celui dont on ne comprend pas la logique ni les motivations. En construisant ainsi les images de la criminalit\u00e9 \u00e0 travers ces trois cat\u00e9gories, les hommes et les femmes du pass\u00e9 donnent une explication au ph\u00e9nom\u00e8ne de la violence extr\u00eame, celle qui saccage les corps. Ces images sont tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9es de celles produites par la psychiatrie l\u00e9gale, faisant \u00e9merger successivement le monomane, le criminel-n\u00e9 et le d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9, mais elles sont tout aussi pertinentes. Au bout du compte, toutes rel\u00e8vent du d\u00e9voilement d\u2019une fiction.<\/p>\n<p><strong>MR\u00a0: Quelle serait une approche sp\u00e9cifiquement historienne de l\u2019analyse des images dans les sources, qui se distinguerait de celle de l\u2019histoire de l\u2019art, par exemple ?<\/strong><\/p>\n<p>FC\u00a0: L\u2019approche des historiens de l\u2019art en g\u00e9n\u00e9ral s\u2019effectue en deux temps. En premier\u00a0lieu, il s\u2019agit de d\u00e9crire, le plus objectivement possible, une image. Le parti pris est celui de la plus grande neutralit\u00e9 et le lecteur qui n\u2019aurait pas acc\u00e8s \u00e0 cette image devrait pouvoir la reconstituer ou la recomposer. Dans un deuxi\u00e8me temps vient l\u2019analyse de l\u2019image elle-m\u00eame\u00a0: sa composition, sa production, ses influences\u2026 La d\u00e9marche pr\u00e9sente des avantages imm\u00e9diats mais elle poss\u00e8de aussi un biais\u00a0: la description n\u2019est jamais neutre, elle s\u2019efforce d\u2019\u00eatre la plus honn\u00eate possible, mais elle est d\u00e9j\u00e0 interpr\u00e9tation, r\u00e9miniscence d\u2019autres images et de textes divers sur un artiste, son \u00e9cole ou son style. Pour un certain nombre d\u2019historiens, qui n\u2019ont pas forc\u00e9ment explicit\u00e9 leur mani\u00e8re de s\u2019y prendre, il faut partir de l\u2019image elle-m\u00eame, laisser le regard s\u2019en impr\u00e9gner, m\u00ealer \u00e0 la fois la description et son analyse. Je crois que quand on est historien, il faut d\u2019abord \u00eatre pragmatique. Quand on utilise des textes, on consid\u00e8re qu\u2019ils ont des statuts diff\u00e9rents\u00a0\u2013 t\u00e9moignages bruts, travaux au second degr\u00e9, textes diplomatiques ou politiques\u2026 Si on peut croiser les sources et la documentation, tous les textes ne sont pas \u00e0 placer sur le m\u00eame plan. Pour les images, c\u2019est un peu la m\u00eame chose, il faut tenir compte de leur diversit\u00e9 : un dessin esquiss\u00e9, une planche de bande dessin\u00e9e, une caricature, une gravure sur bois, une affiche, un tableau\u2026<\/p>\n<p>Pour un historien des sciences humaines, il s\u2019agit aussi de statuer sur le contexte de production, tout en acceptant de faire des pas de c\u00f4t\u00e9, en s\u2019interrogeant sur les modalit\u00e9s et les enjeux de la r\u00e9ception. C\u2019est ainsi que dans la presse satirique de la p\u00e9riode 1880-1910, le th\u00e8me de l\u2019autopsie judiciaire s\u2019impose aux dessinateurs et aux lecteurs. Une v\u00e9ritable s\u00e9rie se met en place \u00e0 travers une centaine de vignettes et cr\u00e9e un ph\u00e9nom\u00e8ne de connivence. Non seulement se construit un v\u00e9ritable syst\u00e8me normatif mais aussi un imaginaire sp\u00e9cifique autour du cadavre et de la m\u00e9decine l\u00e9gale. Le macabre se m\u00eale \u00e0 la curiosit\u00e9 expertale. Les caricatures assurent d\u2019une certaine mani\u00e8re la promotion d\u2019un rire singulier, inscrit dans son \u00e9poque, parfois d\u00e9sign\u00e9 sous le nom de \u00ab rire fumiste \u00bb, qui se situe sur une ligne de cr\u00eate entre le d\u00e9sespoir et la lucidit\u00e9 distante.<\/p>\n<p><strong>MR\u00a0: Que nous apporte l\u2019histoire du corps dans la discipline historienne et comment vos travaux s\u2019inscrivent-ils dans l\u2019histoire du corps ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>FC\u00a0: Quand j\u2019ai occup\u00e9 mon premier poste de professeur, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Poitiers, c\u2019\u00e9tait en 1995, avec deux coll\u00e8gues, de deux autres p\u00e9riodes. Nous avions donn\u00e9 un cours sur l\u2019histoire du corps, avant que les grandes synth\u00e8ses ne soient disponibles. Les \u00e9tudiant(e)s, qui venaient de toutes les disciplines, avaient \u00e9t\u00e9 passionn\u00e9(e)s par cet enseignement qui a dur\u00e9 une quinzaine d\u2019ann\u00e9es et qui s\u2019adressait \u00e9galement \u00e0 un public non universitaire. Cette approche rendait l\u2019histoire plus sensible et plus proche. Pour certains, c\u2019est donc une mani\u00e8re d\u2019acqu\u00e9rir ou de retrouver le plaisir des cours d\u2019histoire par l\u2019entremise du corps.<\/p>\n<p>Sur le plan de la p\u00e9dagogie, nul doute que le corporel constitue une entr\u00e9e efficiente et r\u00e9flexive. Au niveau des \u00e9tudes doctorales, j\u2019ai eu le plaisir de diriger des th\u00e8ses consacr\u00e9es au corps mort, au corps malade ou encore au corps fantasm\u00e9 de la femme des ann\u00e9es 1930. D\u2019autres docteur(e)s ont consacr\u00e9, sous ma direction, une partie enti\u00e8re ou un chapitre substantiel au corps des jeunes filles, au corps des paysans, au corps des dormeurs, aux corps des victimes des accidents de la route. Ces recherches apportent beaucoup, non seulement en gain de connaissances mais aussi en compr\u00e9hension des soci\u00e9t\u00e9s du pass\u00e9 et du temps pr\u00e9sent. Il ne faut pas oublier qu\u2019au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, le nombre de personnes qui avaient pu apercevoir leur silhouette dans une glace \u00e9tait tr\u00e8s limit\u00e9. Quand on pouvait voir son corps, c\u2019\u00e9tait dans une flaque d\u2019eau, chez le barbier, chez le tailleur pour les hommes et les femmes plus fortun\u00e9s, mais le \u00ab\u00a0miroir intime\u00a0\u00bb qui, chez soi, pouvait renvoyer le reflet de son corps, s\u2019av\u00e9rait rare. Aussi la question\u00a0: \u00ab\u00a0Comment peut-on vivre dans un corps que l\u2019on ne voit pas ? \u00bb s\u2019av\u00e8re essentielle et rejoint les \u00e9tudes sur l\u2019av\u00e8nement de la personne.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 mes propres travaux, ils ont d\u2019abord port\u00e9 sur le saccage des corps, autrement dit sur l\u2019appropriation du corps de l\u2019autre, puis sur le corps des noy\u00e9s. Ces recherches, personnelles ou collectives, ont d\u00e9bouch\u00e9 sur une histoire de l\u2019expertise judiciaire \u2013 en plein essor aujourd\u2019hui \u2013, puisque la m\u00e9decine l\u00e9gale a plac\u00e9 le corps maltrait\u00e9, violent\u00e9, d\u00e9pec\u00e9 au centre des pr\u00e9occupations. Puis, en collaboration, elles se sont poursuivies par l\u2019\u00e9tude du corps empoisonn\u00e9 et ensuite des figures d\u2019empoisonneuses. Dans le prolongement, il s\u2019agissait aussi de s\u2019interroger sur les \u00e9motions \u2013 b\u00e9n\u00e9ficiant aujourd\u2019hui d\u2019une actualit\u00e9 \u00e9ditoriale importante \u2013 provoqu\u00e9es par le spectacle du corps, soit sur la sc\u00e8ne du crime, soit dans l\u2019enceinte des palais de justice, lors des audiences des proc\u00e8s criminels. Derni\u00e8rement, des th\u00e9matiques plus \u00ab\u00a0citoyennes\u00a0\u00bb ont \u00e9t\u00e9 retenues dans lesquelles l\u2019apport de l\u2019histoire est indispensable et nous avons travaill\u00e9 \u00e0 la fois sur les violences sexuelles et sexu\u00e9es faites aux femmes (<em>Le corps en lambeaux<\/em>) et sur le f\u00e9minicide. Plus r\u00e9cemment, mes travaux, dans une perspective interdisciplinaire, ont pris en consid\u00e9ration d\u2019autres supports, comme la bande dessin\u00e9e, pour explorer le corps victimaire ou le corps handicap\u00e9. Les recherches sur l\u2019histoire du corps, qui vient d\u2019\u00eatre inscrite parmi les th\u00e9matiques prioritaires de l\u2019Universit\u00e9 de Poitiers, ont besoin du concours de plusieurs sp\u00e9cialistes, il n\u2019est gu\u00e8re possible de rester cantonn\u00e9 \u00e0 sa seule discipline.<\/p>\n<p>Une bibliographie des travaux r\u00e9cents de Fr\u00e9d\u00e9ric Chauvaud est disponible <a href=\"https:\/\/www.univ-paris1.fr\/unites-de-recherche\/isor\/equipe\/membres-associes\/frederic-chauvaud-professeur-dhistoire-contemporaine-universite-de-poitiers\/\">en suivant ce lien.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Chauvaud est professeur d\u2019histoire contemporaine \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Poitiers. 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