{"id":2105,"date":"2016-07-28T18:39:56","date_gmt":"2016-07-28T17:39:56","guid":{"rendered":"http:\/\/chrs.cieq.ca\/?p=2105"},"modified":"2017-05-04T12:39:17","modified_gmt":"2017-05-04T16:39:17","slug":"francois-deschamps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/2016\/07\/28\/francois-deschamps\/","title":{"rendered":"Entretien avec Fran\u00e7ois Deschamps"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><i><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-2130 size-large\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/question_sociale_bandeau-1024x359.jpg\" width=\"740\" height=\"259\" srcset=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/question_sociale_bandeau.jpg 1024w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/question_sociale_bandeau-300x105.jpg 300w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/question_sociale_bandeau-768x269.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 740px) 100vw, 740px\" \/>Fran\u00e7ois Deschamps est candidat au doctorat en histoire \u00e0 l\u2019UQAM sous la direction de Martin Petitclerc et Donald Fyson. Il a compl\u00e9t\u00e9 un m\u00e9moire de ma\u00eetrise en histoire en 2011, sous la supervision de Jean-Marie Fecteau, dans lequel il a analys\u00e9 le discours radical tory au Bas-Canada, de 1835 \u00e0 1840, sa source documentaire largement in\u00e9dite \u00e9tant le journal Montreal Herald. Son m\u00e9moire lui a valu le 3<\/i><\/span><span class=\"s2\"><i>e<\/i><\/span><span class=\"s1\"><i> prix de la Fondation Jean-Charles Bonenfant. Une version adapt\u00e9e de ses recherches a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e en 2015 aux Presses de l\u2019Universit\u00e9 Laval, sous le titre La \u00ab\u00a0r\u00e9bellion de 1837\u00a0\u00bb \u00e0 travers le prisme du Montreal Herald, la refondation par les armes des institutions politiques canadiennes.<\/i><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Entrevue par\u00a0Benoit Marsan, en\u00a0vue\u00a0de la communication qui aura lieu le 31 ao\u00fbt\u00a0\u00e0 10 h 30 intitul\u00e9e \u00ab <a href=\"http:\/\/questionsociale.uqam.ca\/?p=166\"><span class=\"s3\">Citoyennet\u00e9, \u00c9tat, s\u00e9curit\u00e9 publique : les limites de la libert\u00e9 d\u2019association au Bas-Canada, 1835-1838<\/span><\/a> \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Benoit Marsan\u00a0:<\/b> Comment s\u2019articule la question sociale dans le Bas-Canada des ann\u00e9es\u00a01830 et plus particuli\u00e8rement comment se pose-t-elle \u00e0 la lumi\u00e8re des r\u00e9bellions de 1837 et 1838\u2009?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Fran\u00e7ois Deschamps\u00a0:<\/b> Bonne question, un peu emb\u00eatante m\u00eame. La consid\u00e9ration du contexte global des ann\u00e9es\u00a01830 est fondamentale. Dans l\u2019historiographie des derni\u00e8res ann\u00e9es, le concept de \u00ab\u00a0r\u00e9volution atlantique\u00a0\u00bb joue un r\u00f4le englobant. La p\u00e9riode s\u2019ouvre avec la guerre civile britanno-am\u00e9ricaine (1774-1783), relay\u00e9e par les phases de radicalisation et d\u2019extension de la R\u00e9volution fran\u00e7aise \u00e0 l\u2019Europe puis aux Am\u00e9riques avec l\u2019effondrement du syst\u00e8me colonial espagnol et portugais. Le ferment secret de toute cette p\u00e9riode de turbulence a trait peut-\u00eatre au scandale de la traite des Noirs et \u00e0 l\u2019esclavagisme. Le haut risque de r\u00e9volte effraie les \u00e9lites coloniales. Apr\u00e8s 1815, en d\u00e9pit de la <i>Pax britannica<\/i>, les pouss\u00e9es d\u00e9mocratiques continuent \u00e0 perturber l\u2019ordre social en Angleterre jusqu\u2019au <i>Reform Bill<\/i> de 1832 o\u00f9 les bases de la d\u00e9mocratie parlementaire moderne sont jet\u00e9es. L\u2019aspiration r\u00e9publicaine des Patriotes se situe \u00e0 la queue de cette n\u00e9buleuse. On ne peut lui rendre justice sans la recadrer dans le contexte de tutelle coloniale britannique et le mouvement migratoire de masse en partance des \u00eeles britanniques vers l\u2019Am\u00e9rique du Nord. \u00c0 la fin du premier tome de la <i>D\u00e9mocratie en Am\u00e9rique<\/i>, Tocqueville prend en bloc d\u2019ailleurs le monde anglo-am\u00e9ricain et \u00e9value le sort des perdants\u00a0: les esclaves noirs, les Am\u00e9rindiens et, quand on lit bien, en filigrane, les Canadiens.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Il existe \u00e9videmment une pluralit\u00e9 de points d\u2019observation qui recoupent la m\u00eame tranche d\u2019histoire. La question est de savoir quel est le facteur d\u00e9terminant. Les analyses marxiste et lib\u00e9rale ont eu tendance \u00e0 rabaisser la dimension nationale et identitaire comme un reflet plus ou moins distordu et plus ou moins p\u00e9riph\u00e9rique des enjeux \u00e9conomiques fondamentaux. Les deux aspects sont \u00e0 mon avis intimement li\u00e9s. Le champ d\u2019interactions dynamiques entre calcul rationnel et filtre des passions exige de m\u00eame une plus grande flexibilit\u00e9. Fait int\u00e9ressant, depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, un des courants historiographiques importants dont Phillip Buckner se veut le porte-\u00e9tendard s\u2019emploie justement \u00e0 restituer l\u2019h\u00e9ritage britannique et imp\u00e9rialiste refoul\u00e9 dans la formation identitaire canadienne. Mes recherches pourraient d\u2019une certaine fa\u00e7on s\u2019y inscrire. Pour ce qui est du Qu\u00e9bec, je d\u00e9plore les analyses en vase clos de la soci\u00e9t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9coise naissante au 19e si\u00e8cle qui n\u00e9gligent de tenir compte, outre le cas des communaut\u00e9s am\u00e9rindiennes, de la coexistence des deux communaut\u00e9s nationales fondatrices \u2014 ou mieux la greffe de la communaut\u00e9 nationale britanno-am\u00e9ricaine sur le tronc canadien. Le travers nationaliste qu\u2019on attribue aux Patriotes doit \u00eatre revu, d\u2019autre part, \u00e0 la lumi\u00e8re des r\u00e9sultats surprenants aux \u00e9lections de 1834 o\u00f9 les anglophones des comt\u00e9s ruraux au sud de Montr\u00e9al ont vot\u00e9 majoritairement pour le parti r\u00e9formiste de Papineau.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Pour ce qui est du mouvement de radicalisation de la soci\u00e9t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9coise qui aboutira \u00e0 ce qu\u2019on appelle encore paresseusement les \u00ab\u00a0r\u00e9bellions\u00a0\u00bb, on a encore le r\u00e9flexe de parler de la guerre entre les Fran\u00e7ais et les Anglais, mais la polarisation manifeste entre les deux camps rivaux ne doit pas gommer les jeux d\u2019alliance qui d\u00e9passent le clivage ethnique, par exemple en ce qui a trait \u00e0 la pauvret\u00e9 et \u00e0 la criminalit\u00e9. De m\u00eame, malgr\u00e9 l\u2019opposition virulente des tories au r\u00e9gime seigneurial alors en vigueur, ils ont \u00e9t\u00e9 bien malgr\u00e9 eux oblig\u00e9s de parlementer avec les t\u00eates dirigeantes de la hi\u00e9rarchie catholique et les seigneurs qui se sont docilement rang\u00e9s de leur c\u00f4t\u00e9. Il y a donc une perspective sociale qu\u2019il est impossible d\u2019ignorer. Il n\u2019est pas s\u00fbr non plus que le petit groupe s\u00e9lect des marchands, des entrepreneurs, des banquiers et des magistrats <i>tory<\/i> de Montr\u00e9al repr\u00e9sentaient le point de vue de ce que Brian Young appelle le \u00ab\u00a0English Montreal\u00a0\u00bb. Ils n\u2019ont pas craint en tout cas de mobiliser \u00e0 leur cause les artisans durs \u00e0 cuire et les fermiers britanniques des classes populaires. Bref, dans une perspective sociale, l\u2019opposition oligarchie\/d\u00e9mocratie, loin d\u2019\u00eatre un obstacle, complexifie le clivage ethnique, tout comme celui-ci, en retour, nuance celle-l\u00e0.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>BM\u00a0:<\/b> Qu\u2019est-ce qui caract\u00e9rise ce que vous nommez le \u00ab\u00a0moment r\u00e9publicain\u00a0\u00bb \u00e0 Montr\u00e9al et dans ses environs au cours des ann\u00e9es\u00a01830\u2009?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>FD\u00a0:<\/b> C\u2019est un aspect int\u00e9ressant, car je travaille actuellement \u00e0 un projet d\u2019\u00e9dition des \u00e9crits d\u2019Adam Thom, et pour ce faire j\u2019ai d\u00fb me confronter au livre de Michel Ducharme sur le concept de libert\u00e9 au Canada. Dans son ouvrage, il oppose le concept de r\u00e9publicanisme et de monarchie mixte. Selon lui, la victoire de la monarchie mixte repr\u00e9sente le point de vue des libert\u00e9s modernes. Cependant, selon moi, quand on lit correctement Adam Thom et le <i>Montreal Herald<\/i>, on se rend compte que le r\u00e9publicanisme, il faut le chercher d\u2019abord au sein m\u00eame du discours <i>tory<\/i> de Montr\u00e9al. Un lien fort est \u00e9tabli entre acc\u00e8s \u00e0 la citoyennet\u00e9 et armement. S\u2019appuyant sur la \u00ab\u00a0loi de Solon\u00a0\u00bb dans la <i>Constitution des Ath\u00e9niens <\/i>d\u2019Aristote, d\u00e8s janvier 1835, Thom consid\u00e8re les \u00ab\u00a0habitants anglais de cette province\u00a0\u00bb comme des \u00ab\u00a0proscrits\u00a0\u00bb (des \u00ab\u00a0Outlaws\u00a0\u00bb) engag\u00e9s dans une \u00ab\u00a0guerre civile\u00a0\u00bb. Ceci est tr\u00e8s int\u00e9ressant. Pour eux, il n\u2019y a pas de neutralit\u00e9 possible. Il faut prendre parti pour l\u2019un ou l\u2019autre camp. On retrouve aussi dans les journaux publi\u00e9s en fran\u00e7ais des d\u00e9clarations similaires stipulant la n\u00e9cessit\u00e9 de \u00ab\u00a0tirer l\u2019\u00e9p\u00e9e\u00a0\u00bb. Thom a m\u00eame la coquetterie de faire remonter le conflit en cours au sac de Rome par les Gaulois\u2026<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>BM\u00a0:<\/b> Dans le r\u00e9sum\u00e9 de votre communication, vous faites une distinction entre une citoyennet\u00e9 r\u00e9publicaine, inspir\u00e9e par la culture am\u00e9ricaine, chez certains groupes associ\u00e9s au mouvement patriote, et une autre conception de la citoyennet\u00e9 port\u00e9e par les \u00e9l\u00e9ments ultraconservateurs fid\u00e8les \u00e0 l\u2019Empire britannique. Pouvez-vous d\u00e9finir leurs principales caract\u00e9ristiques et ce qui les opposent\u2009?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>FD\u00a0:<\/b> Le discours patriote insistait principalement sur l\u2019\u00e9lection d\u2019un conseil l\u00e9gislatif par les citoyens les plus fortun\u00e9s. Le probl\u00e8me que je vois \u00e0 travers une telle question est qu\u2019on a tendance \u00e0 associer le discours <i>tory<\/i> \u00e0 une position ultra-loyaliste envers la monarchie, alors qu\u2019en lisant le <i>Montreal Herald<\/i> on se rend compte que d\u00e8s 1835, les tories sont ouverts \u00e0 toutes les options. Oui, ils sont loyalistes, ils croient \u00e0 l\u2019attachement visc\u00e9ral \u00e0 la couronne britannique, mais l\u2019\u00e9l\u00e9ment fondamental est qu\u2019ils n\u2019accepteront jamais de se soumettre \u00e0 une majorit\u00e9 francophone quelle qu\u2019elle soit, et dans cette perspective, ils sont pr\u00eats \u00e0 tous les sc\u00e9narios possibles. C\u2019est-\u00e0-dire, l\u2019union avec les \u00c9tats-Unis, l\u2019annexion de Montr\u00e9al avec le Haut-Canada et m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 la rupture du lien imp\u00e9rial s\u2019il le faut. Cela est \u00e9vident d\u00e8s 1835, et \u00e7a le restera jusqu\u2019en 1840. Vu sous cet angle, on ne peut absolument pas tenir pour acquis que les monarchistes <i>tory<\/i> de Montr\u00e9al entretenaient une loyaut\u00e9 aveugle envers la monarchie britannique. Comme l\u2019a bien vu Durham en 1838, ils \u00e9taient donc ouverts \u00e0 la rupture du cordon ombilical envers les tireurs de ficelles \u00e0 Westminster, plut\u00f4t que de se soumettre \u00e0 une perp\u00e9tuelle majorit\u00e9 francophone. Comme Peter McGill l\u2019\u00e9crira en 1838 au nom de l\u2019association constitutionnelle de Montr\u00e9al, il n\u2019\u00e9tait m\u00eame pas question de soumission \u00e0 une assembl\u00e9e fran\u00e7aise dans un cadre f\u00e9d\u00e9ral. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un aspect fondamental de la question.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Autre point essentiel, o\u00f9 les perspectives identitaires et \u00e9conomiques sont indiscernables, ces marchands et ces entrepreneurs, en raison des droits de douane et des taxes pr\u00e9lev\u00e9es sur les produits de consommation, se consid\u00e9raient comme les principaux pourvoyeurs du budget de l\u2019\u00c9tat colonial. Or, non seulement assumaient-ils le gros de la facture, mais de plus, celle-ci servait au d\u00e9veloppement de la soci\u00e9t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9coise et \u00e0 entretenir une classe politique \u00e0 la Chambre d\u2019assembl\u00e9e o\u00f9 s\u00e9virait \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 une majorit\u00e9 francophone. Dans la perspective <i>tory<\/i>, c\u2019\u00e9tait en quelque sorte financer des gens qui leur mettaient des b\u00e2tons dans les roues. C\u2019est pourquoi ils voulaient \u00e9lire un gouvernement qui repr\u00e9senterait leurs int\u00e9r\u00eats, et dans cette optique, l\u2019union des deux Canada devenait un moindre mal, car une telle solution permettrait de neutraliser la majorit\u00e9 francophone, en plus d\u2019ouvrir la voie aux projets de d\u00e9veloppements \u00e9conomiques, notamment la canalisation du St-Laurent, afin d\u2019avoir acc\u00e8s au march\u00e9 du Midwest am\u00e9ricain, qui est alors en pleine expansion.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>BM\u00a0:<\/b> Autre \u00e9l\u00e9ment central de votre pr\u00e9sentation, la question de la violence. Pouvez-vous d\u00e9crire les principaux \u00e9l\u00e9ments du r\u00e9pertoire d\u2019action d\u00e9ploy\u00e9s par les diff\u00e9rentes organisations paramilitaires\u2009?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>FD\u00a0:<\/b> Une fois encore, c\u2019est \u00e0 travers la personne d\u2019Adam Thom qu\u2019on peut identifier le mieux le th\u00e8me de la violence. Cet aspect est fondamental dans l\u2019id\u00e9ologie <i>tory<\/i> de Montr\u00e9al. Au d\u00e9but des <i>Anti-Gallic Letters<\/i>, \u00e9crites \u00e0 partir de septembre 1835, Thom, le r\u00e9dacteur en chef du <i>Montreal Herald<\/i>, parle d\u2019une crise qui perdure depuis des ann\u00e9es et il identifie les moyens pour en sortir. Il y a tout d\u2019abord les moyens pacifiques, par exemple miner le budget provincial par l\u2019entremise de la contrebande ou encore exiger l\u2019intervention directe du parlement imp\u00e9rial dans les affaires internes de la colonie. Vient ensuite l\u2019examen des moyens radicaux. S\u2019il est persuad\u00e9 que les autorit\u00e9s imp\u00e9riales n\u2019ont absolument rien \u00e0 craindre d\u2019un soul\u00e8vement populaire des <i>habitants<\/i>, le v\u00e9ritable pouvoir d\u2019insurrection par contre r\u00e9side, selon lui, aux mains des \u00ab\u00a0English inhabitants of this province\u00a0\u00bb et de l\u2019arm\u00e9e. Or, dit-il, dans l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 d\u2019un soul\u00e8vement des citoyens britanniques, les soldats de la garnison ne sont pas des \u00ab\u00a0cannibales\u00a0\u00bb, ils savent lire et \u00e9couter \u2013 jamais, assure-t-il, ils ne tireront sur leurs concitoyens avec qui ils entretiennent rapports fraternels. K. Senior \u00e9crit au sujet de ces affinit\u00e9s \u00e9lectives\u00a0que l\u2019incendie du Parlement canadien \u00e0 Montr\u00e9al en 1849 devait marquer la fin de la \u00ab\u00a0old alliance between the garrison and the British party that had begun in 1832 and matured in the rebellion years\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Cette analyse est clairement exprim\u00e9e dans les \u00e9ditoriaux de Thom. D\u2019ailleurs, d\u00e8s d\u00e9cembre 1835, les tories vont former un groupe paramilitaire, le <i>British Rifle Corps<\/i>, l\u2019objectif n\u2019\u00e9tant pas uniquement de cr\u00e9er une milice volontaire, mais de se doter d\u2019un outil pour appuyer un programme politique. On vise \u00e0 cr\u00e9er un congr\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du <i>British North America<\/i> \u00e0 partir du r\u00e9seau des associations constitutionnelles d\u00e9j\u00e0 existantes, afin de forcer Londres \u00e0 adopter le point de vue <i>tory<\/i>. D\u00e8s lors s\u2019engage un bras de fer entre le groupuscule des tories \u00e0 Montr\u00e9al et, par-del\u00e0 le gouverneur Gosford, les autorit\u00e9s imp\u00e9riales \u00e0 Westminster. L\u2019armement des civils britanniques sous l\u2019\u00e9tendard du <i>British Rifle Corps<\/i> sera prohib\u00e9 par une proclamation du gouverneur en janvier 1836, mais d\u00e8s ce moment jusqu\u2019au \u00ab\u00a0double soul\u00e8vement\u00a0\u00bb (Maurice S\u00e9guin) de novembre 1837, la question de l\u2019armement des civils britanniques restera au c\u0153ur du litige entre l\u2019ex\u00e9cutif et les tories.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Le <i>Doric<\/i> <i>Club<\/i> fait le relais entre le <i>British Rifle Corps<\/i> de 1835 et l\u2019armement des volontaires de 1837 par le \u00ab\u00a0Constitutional Hero\u00a0\u00bb des tories, l\u2019ancien gouverneur du Haut-Canada, le commandant Colborne. Il s\u2019agit d\u2019une organisation paramilitaire proche de l\u2019arm\u00e9e et de la loge ma\u00e7onnique Saint Paul. Le club tiendra quelques assembl\u00e9es publiques, mais ses membres, dont le propri\u00e9taire du <i>Montreal Herald<\/i>, Robert Weir junior, revendiqueront le privil\u00e8ge d\u2019une assermentation secr\u00e8te pour maintenir un climat de terreur feutr\u00e9e. Colborne cr\u00e9era \u00e0 partir de cette police clandestine le <i>Queen\u2019s Light Dragon<\/i>. Ses membres jouent \u00e0 la fois le r\u00f4le de police et d\u2019agents provocateurs, en plus d\u2019agir \u00e0 titre d\u2019\u00e9meutiers de m\u00e8che avec les soldats de la garnison comme on le constate lors de l\u2019\u00e9meute programm\u00e9e du 6 novembre 1837 \u00e0 Montr\u00e9al.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">En novembre 1837, les demandes r\u00e9it\u00e9r\u00e9es d\u2019armement se frappent au m\u00eame refus du gouverneur et de <i>l\u2019Attorney General<\/i>. La menace d\u2019une autre proclamation p\u00e8se m\u00eame au-dessus d\u2019eux, comme le t\u00e9moignage r\u00e9trospectif de J. S. McCord l\u2019\u00e9tablit de mani\u00e8re irr\u00e9futable. Le document essentiel \u00e0 ce sujet, est la r\u00e9ponse de Gosford \u00e0 la demande d\u2019armement de Peter McGill, qui est reproduite dans mon m\u00e9moire et dans mon livre. Il est d\u2019ailleurs largement cit\u00e9 dans l\u2019historiographie comme preuve de l\u2019unit\u00e9 d\u2019action des forces loyales. Quand on se donne la peine de le lire, le refus du gouverneur d\u2019armer les civils d\u2019origine britannique, le 15 novembre 1837, appara\u00eet avec une force \u00e9clatante. Ce document laisse clairement entendre qu\u2019il existait deux plans d\u2019intervention\u00a0: un civil, par la cr\u00e9ation d\u2019une \u00ab\u00a0force auxiliaire municipale\u00a0\u00bb en vue d\u2019interdire les rassemblements ill\u00e9gaux. Un autre, concoct\u00e9 par les magistrats <i>tory<\/i>, les brigades volontaires et l\u2019\u00e9tat-major pr\u00e9voyant la sortie de l\u2019arm\u00e9e dans les campagnes environnantes. Or, dans l\u2019esprit des tories, la sortie de l\u2019arm\u00e9e laissait Montr\u00e9al sans d\u00e9fense. D\u2019o\u00f9 l\u2019importance de l\u2019acc\u00e8s exclusif au d\u00e9p\u00f4t d\u2019armes de l\u2019\u00eele Sainte-H\u00e9l\u00e8ne.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Du c\u00f4t\u00e9 francophone, on retrouve, aux fins de \u00ab\u00a0protection mutuelle\u00a0\u00bb, les <i>Fils de la libert\u00e9<\/i> d\u00e8s 1832, 1833, l\u2019<i>Union patriotique <\/i>de Saint-Beno\u00eet (1835), etc. Mais il n\u2019y a pas une r\u00e9elle organisation paramilitaire qui se met sur pied avant septembre 1837. Papineau curieusement a ordonn\u00e9 le jour m\u00eame de l\u2019\u00e9meute du 6 novembre 1837 la suspension pour une p\u00e9riode ind\u00e9termin\u00e9e des activit\u00e9s des <i>Fils de la libert\u00e9<\/i>. Les processions publiques ont cr\u00e9\u00e9 tout un remous \u00e0 Montr\u00e9al, sur la C\u00f4te \u00e0 Baron o\u00f9 ils ont pris possession de positions militaires en chantant la <i>Marseillaise<\/i> et en agitant le drapeau tricolore. Par la suite, en 1838, \u00e9mergent les <i>Fr\u00e8res chasseurs<\/i>, une organisation poss\u00e9dant des rituels d\u2019assermentation inspir\u00e9s de la franc-ma\u00e7onnerie, qui avait pour objectif de mobiliser le plus grand nombre en vue de mener une gu\u00e9rilla contre les autorit\u00e9s \u00e9tablies dans un mouvement \u00e0 la fois, notez-le bien, d\u2019\u00e9mancipation anticoloniale et, par l\u2019abrogation du r\u00e9gime f\u00e9odal, sociale. L\u2019organisation devait \u00eatre cependant largement infiltr\u00e9e et noyaut\u00e9e par des agents doubles, qui ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 aux autorit\u00e9s les plans et les ramifications de l\u2019organisation, de sorte que l\u2019insurrection de 1838 a \u00e9t\u00e9 \u00e9cras\u00e9e assez facilement.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>BM\u00a0:<\/b> Existe-t-il une distinction entre les formes d\u2019action des groupes paramilitaires britanniques et canadiens\u2009?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>FD\u00a0:<\/b> La grande diff\u00e9rence entre le <i>Doric Club<\/i> et les <i>Fils de la libert\u00e9<\/i> est que le premier a l\u2019appui des militaires. C\u2019est \u00e0 travers le r\u00e9seau des loges ma\u00e7onniques et orangistes (ainsi que des soci\u00e9t\u00e9s nationales St. George et St. Andrew) que les \u00ab\u00a0loyalistes\u00a0\u00bb <i>tory<\/i> se rencontraient. Par exemple, lors de l\u2019\u00e9meute du 6 novembre 1837 \u00e0 Montr\u00e9al, il y a eu saccage des presses du <i>Vindicator<\/i>. Des magistrats francophones ont alors appel\u00e9 \u00e0 l\u2019aide les militaires, qui \u00e9taient \u00e9parpill\u00e9s un peu partout dans le Vieux-Montr\u00e9al, mais cette aide a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e, car ils n\u2019avaient pas acc\u00e8s aux mots de passe ordonnant l\u2019intervention. Il s\u2019agit de rapports de force in\u00e9gaux. La strat\u00e9gie des milieux <i>tory<\/i> \u00e9tait bas\u00e9e en partie sur le pr\u00e9c\u00e9dent de la tuerie de mai 1832 o\u00f9 des militaires ont descendu trois civils sous pr\u00e9texte qu\u2019il y avait une \u00e9meute incontr\u00f4lable. La ruse des strat\u00e8ges de l\u2019arm\u00e9e consistait en particulier \u00e0 un double jeu instructif\u00a0: au m\u00eame moment o\u00f9 les soldats prot\u00e8gent la famille Papineau menac\u00e9e par une foule hyst\u00e9rique de manifestants loyalistes, d\u2019autres d\u00e9tachements laissent les \u00e9meutiers du Doric Club saccager tranquillement les presses du <i>Vindicator<\/i>, un journal irlandais en faveur des r\u00e9formes que pr\u00e9conisait le parti patriote.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>BM\u00a0:<\/b> Quels sont les significations et les objectifs des actions respectives des deux camps\u2009?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>FD\u00a0:<\/b> Comme l\u2019a bien vu Jean-Marie Fecteau dans son analyse p\u00e9n\u00e9trante des conditions d\u2019application de la loi martiale du 5 d\u00e9cembre 1837, il faut comprendre qu\u2019on est dans un moment r\u00e9volutionnaire o\u00f9 l\u2019autorit\u00e9 civile et le <i>Rule of Law<\/i> sont en pleine d\u00e9composition. Les groupes paramilitaires des deux c\u00f4t\u00e9s jouent alors aux apprentis sorciers. Il s\u2019agit donc de dramatiser les enjeux, en lan\u00e7ant des cris alarmistes ou bien d\u2019organiser des coups d\u2019\u00e9clat. La lecture minutieuse et in\u00e9dite du <i>Montreal Herald<\/i> montre que les tories n\u2019ont jamais suspect\u00e9 l\u2019ampleur de la r\u00e9sistance paysanne dans les campagnes environnantes.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Du c\u00f4t\u00e9 patriote, malgr\u00e9 le coup d\u2019\u00e9clat m\u00e9diatique en remettant de mani\u00e8re th\u00e9\u00e2trale sa commission de capitaine de milice en ao\u00fbt 1837, Papineau semble plut\u00f4t embarrass\u00e9 par la cr\u00e9ation de l\u2019association des <i>Fils de la libert\u00e9<\/i>, la perspective imminente de la violence l\u2019effraie. Sa version r\u00e9trospective accommodante concernant la l\u00e9gitimit\u00e9 de la r\u00e9sistance arm\u00e9e des <i>habitants<\/i> est \u00e0 prendre avec des pincettes. Allergique \u00e0 la fois \u00e0 la violence et aux compromis avec les mod\u00e9r\u00e9s, Papineau en fait se peinturait dans un coin.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>BM\u00a0:<\/b> Vous venez de publier un livre portant sur la R\u00e9bellion de 1837 aux Presses de l\u2019universit\u00e9 Laval. Pouvez-vous nous r\u00e9sumer les \u00e9l\u00e9ments centraux de votre ouvrage\u2009?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>FD\u00a0:<\/b> Il s\u2019agit essentiellement de mon m\u00e9moire de ma\u00eetrise, ma discussion historiographique en moins. Cependant, mon premier chapitre repr\u00e9sente une nouveaut\u00e9, car j\u2019y aborde les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments du discours de l\u2019Association constitutionnelle de 1835 \u00e0 1838. Selon moi, il s\u2019agit d\u2019un \u00e9l\u00e9ment essentiel afin de comprendre que la violence pr\u00e9conis\u00e9e, entre autres dans les pages du <i>Montreal Herald<\/i>, est orient\u00e9e vers des objectifs politiques. Le discours est d\u2019ailleurs invariable au cours de ces trois ann\u00e9es. On enfonce constamment les m\u00eames clous. Les objectifs du c\u00f4t\u00e9 des tories demeurent toujours les m\u00eames.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">D\u00e8s juillet 1835, une revue britannique, le <i>Blackwood Magazine<\/i>, publie un br\u00fblot affirmant que les jours de l\u2019assembl\u00e9e \u00e0 Qu\u00e9bec sont compt\u00e9s. Il faut fermer le parlement de Qu\u00e9bec et trouver les moyens de neutraliser toute \u00e9ventuelle majorit\u00e9 francophone. Ces \u00e9l\u00e9ments apportent un nouvel \u00e9clairage sur le r\u00f4le de Durham. Dans l\u2019historiographie, il est pr\u00e9sent\u00e9 comme \u00e9tant le grand concepteur de l\u2019union l\u00e9gislative. Quand on lit les documents de l\u2019Association constitutionnelle de Montr\u00e9al, on se rend compte que toutes les id\u00e9es de Durham en sont tir\u00e9es. Il faut renverser la position d\u2019\u00e9minence o\u00f9 on l\u2019a plac\u00e9. Il n\u2019est en partie qu\u2019un commissionnaire, un <i>errand boy<\/i>, des officines <i>tory<\/i> de Montr\u00e9al. Mais il est aussi un bouc \u00e9missaire \u00e0 cause du spectre blafard de l\u2019assimilation qui aur\u00e9ole toujours \u00e0 tort sa m\u00e9moire.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Les deux \u00e9l\u00e9ments centraux du livre sont de d\u00e9montrer que la violence du c\u00f4t\u00e9 des tories vise l\u2019atteinte d\u2019objectifs politiques \u00e0 long terme et que la cl\u00e9 de la compr\u00e9hension des \u00e9v\u00e9nements de 1837 r\u00e9side dans le refus poli de Gosford d\u2019acquiescer \u00e0 la demande d\u2019armement <i>exclusif<\/i> des civils britanniques. D\u2019o\u00f9 la th\u00e8se de la mutinerie des tories montr\u00e9alais \u2014 le mot mutinerie est d\u2019ailleurs employ\u00e9 dans les pages du <i>Montreal Herald<\/i> \u2014 qui veulent s\u2019assurer que le m\u00e9rite de la r\u00e9pression des noyaux de r\u00e9sistance arm\u00e9e ne soit pas attribu\u00e9 aux loyalistes fran\u00e7ais sur lesquels le gouverneur comptait s\u2019appuyer. En plus de d\u00e9capiter le Parti patriote, les tories veulent non seulement le d\u00e9part de Gosford, mais la fermeture de la Chambre d\u2019assembl\u00e9e \u00e0 Qu\u00e9bec, l\u2019annexion pure et simple du Qu\u00e9bec \u00e0 l\u2019Ontario par l\u2019union l\u00e9gislative sous une majorit\u00e9 britannique fixe, sans compter des ch\u00e2timents exemplaires comme le permettait la loi martiale proclam\u00e9e dans le district de Montr\u00e9al le 5 d\u00e9cembre 1837. Bref, l\u2019objectif de l\u2019ouvrage est de d\u00e9montrer que ce qu\u2019on appelle encore la \u00ab\u00a0r\u00e9bellion\u00a0\u00bb de 1837 dissimule un ph\u00e9nom\u00e8ne beaucoup plus complexe que ce qu\u2019on est g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00eat \u00e0 admettre.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>BM\u00a0:<\/b> Sur quoi portent vos recherches actuelles\u2009? Travaillez-vous toujours \u00e0 partir de sources journalistiques de la p\u00e9riode\u2009?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>FD\u00a0:<\/b> Il est \u00e9vident que cette p\u00e9riode me passionne. Malgr\u00e9 la quantit\u00e9 des documents que j\u2019ai d\u00e9pouill\u00e9s pour mon m\u00e9moire, principalement les pages du <i>Montreal Herald<\/i>, il ne s\u2019agit que d\u2019une petite partie. Il reste encore beaucoup d\u2019\u00e9l\u00e9ments \u00e0 en extraire. J\u2019effectue aussi des recherches sur l\u2019extension du discours <i>tory<\/i> dans le temps et l\u2019espace \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019Empire britannique, par exemple en Jama\u00efque, en Afrique du Sud, au Bengale, en Australie, etc. Je veux savoir si en quelque sorte on ne retrouve pas ailleurs des \u00e9l\u00e9ments du discours pr\u00e9sent \u00e0 Montr\u00e9al au cours de la p\u00e9riode. Voir si celui-ci est particulier ou s\u2019il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019une norme ? Par exemple, le recours aux mesures d\u2019exception semble \u00eatre une pratique constante\u00a0: une \u00e9tude comparative permettrait d\u2019\u00e9tablir un parall\u00e8le contrast\u00e9 avec ce qui se passe au Ceylan en 1848, lors de la \u00ab\u00a0r\u00e9volte des Cipayes\u00a0\u00bb en 1858 ou \u00e0 Morant Bay (Jama\u00efque) en 1865.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Je me demande aussi finalement dans quelle mesure et en quoi le discours radical <i>tory<\/i> de Montr\u00e9al dans les ann\u00e9es\u00a01830 anticipe-t-il les traits principaux de ce qui deviendra dans les ann\u00e9es\u00a01860, en Angleterre comme dans les colonies de peuplement britanniques, le mod\u00e8le anglo-saxon qu\u2019on retrouve chez Dilke et Seely par exemple.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">*Cette entrevue sera\u00a0<a href=\"http:\/\/histoireengagee.ca\/?p=5710\"><span class=\"s3\">publi\u00e9e simultan\u00e9ment sur le site d\u2019Histoire engag\u00e9e<\/span><\/a>\u00a0dans\u00a0<a href=\"http:\/\/histoireengagee.ca\/?page_id=5388\"><span class=\"s3\">une section d\u00e9di\u00e9e au colloque<\/span><\/a>.\u00a0<a href=\"http:\/\/histoireengagee.ca\/\"><span class=\"s3\">HistoireEngagee.ca<\/span><\/a>\u00a0est un site Internet soucieux de commenter l\u2019actualit\u00e9 dans une perspective historique. \u00c0 cet effet, il propose des blogues, de courts articles et du contenu multim\u00e9dia abordant des enjeux propres au Canada, au Qu\u00e9bec et \u00e0 la sc\u00e8ne internationale, inspir\u00e9s par une d\u00e9marche historienne rigoureuse dans un style accessible.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fran\u00e7ois Deschamps est candidat au doctorat en histoire \u00e0 l\u2019UQAM sous la direction de Martin Petitclerc et Donald Fyson. 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