{"id":10095,"date":"2022-09-06T11:23:28","date_gmt":"2022-09-06T15:23:28","guid":{"rendered":"https:\/\/chrs.dev.uqam.ca\/?p=10095"},"modified":"2022-09-06T13:26:10","modified_gmt":"2022-09-06T17:26:10","slug":"discussion-avec-magda-fahrni","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/2022\/09\/06\/discussion-avec-magda-fahrni\/","title":{"rendered":"Discussion avec Magda Fahrni dans le cadre du lancement de l\u2019ouvrage <em>Of Kith and Kin : A History of Families in Canada\ufeff<\/em>"},"content":{"rendered":"\n<p>Magda Fahrni est professeure au d\u00e9partement d\u2019histoire de l\u2019UQAM et membre du Groupe d\u2019histoire de Montr\u00e9al. Sp\u00e9cialiste de l\u2019histoire du Qu\u00e9bec et du Canada, qu\u2019elle analyse \u00e0 partir de perspectives s\u2019inspirant de l\u2019histoire des femmes, du genre, de la famille, des savoirs, de l\u2019\u00c9tat, elle a publi\u00e9 plusieurs ouvrages, notamment <em>Household Politics: Montreal Families and Postwar Reconstruction <\/em>(2005), qui a remport\u00e9 le prix Clio-Qu\u00e9bec de la Soci\u00e9t\u00e9 historique du Canada. <a href=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/a-propos\/equipe\/membres-reguliers\/peter-gossage\/\">Peter Gossage<\/a> (U. Concordia), chercheur membre au CHRS, s\u2019est entretenu avec elle \u00e0 l\u2019occasion du lancement de son plus r\u00e9cent ouvrage, <em>Of Kith and Kin&nbsp;: A History of Families in Canada<\/em>. Cet \u00e9v\u00e9nement, organis\u00e9 par le CHRS, a eu lieu au d\u00e9partement d\u2019histoire de l\u2019UQAM le 2 juin dernier. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1260\" height=\"704\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/lancement_m_farhni.png?fit=740%2C413&amp;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-10101\" srcset=\"https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/lancement_m_farhni.png 1260w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/lancement_m_farhni-300x168.png 300w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/lancement_m_farhni-768x429.png 768w, https:\/\/chrs.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/lancement_m_farhni-1024x572.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1260px) 100vw, 1260px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Peter Gossage\n(PG)&nbsp;:<\/strong> <em>Of Kith and\nKin&nbsp;: A History of Families in Canada <\/em>a paru ce printemps chez Oxford\nUniversity Press. Dans cet\nouvrage, Magda Fahrni se penche sur l\u2019univers intime de l\u2019amour, du sexe, du\nmariage, de la parentalit\u00e9, des \u00e2ges de la vie et de la vie domestique dans\nl\u2019espace nord-am\u00e9ricain devenu \u00e9ventuellement le Canada, et ce entre le 16<sup>e<\/sup>\nsi\u00e8cle et l\u2019aube des ann\u00e9es 2020. Il y a une attention soutenue \u00e0 ce que\nj\u2019appellerais la r\u00e9gulation sociale des familles au Canada, donc aux cadres\nmoral, religieux, communautaire, l\u00e9gal, id\u00e9ologique et institutionnel dans\nlesquels ces multiples g\u00e9n\u00e9rations de peuples autochtones et colonisateurs,\ndans toute leur diversit\u00e9 et tout leur dynamisme, ont b\u00e2ti leurs relations\npersonnelles les plus intimes et les plus importantes. <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un livre\nde synth\u00e8se \u00e0 mon avis remarquable, qui offre une contribution \u00e0 trois niveaux.\nMagda Fahrni raconte l\u2019histoire de <em>la<\/em>\nfamille comme institution sociopolitique fondamentale; celle <em>des <\/em>familles, de formes variables, ayant\nv\u00e9cu sur ce territoire depuis cinq si\u00e8cles; et c\u2019est aussi une nouvelle\nnarration de l\u2019histoire du Canada \u00e0 travers la lentille de la famille, qui nous\ninterpelle tous\u00b7tes et qui fournit une mani\u00e8re originale et enrichissante\nd\u2019aborder les grands enjeux de l\u2019histoire canadienne et qu\u00e9b\u00e9coise.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourrais-tu\nnous raconter la gen\u00e8se de ce volume?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Magda Fahrni (MF)&nbsp;: <\/strong>Ce livre a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit en r\u00e9ponse \u00e0 une\ndemande de Oxford University Press, qui voulait une synth\u00e8se de l\u2019histoire de\nla famille du R\u00e9gime fran\u00e7ais jusqu\u2019\u00e0 nos jours. L\u2019id\u00e9e de la maison d\u2019\u00e9dition\n\u00e9tait d\u2019avoir une synth\u00e8se qui pourrait \u00eatre utilis\u00e9e dans des cours\nuniversitaires portant sur la famille, sur l\u2019histoire sociale, l\u2019histoire des\nfemmes, donc aupr\u00e8s d\u2019un public \u00e9tudiant. <\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019ai pas\nh\u00e9sit\u00e9, j\u2019\u00e9tais intrigu\u00e9e par le d\u00e9fi d\u2019\u00e9crire une synth\u00e8se. On m\u2019a dit&nbsp;:\n\u00ab&nbsp;Prends tes notes de cours et fais quelque chose avec.&nbsp;\u00bb Je donne\ndepuis 2002, \u00e0 l\u2019UQAM, un cours sur l\u2019histoire de la famille au Qu\u00e9bec, et non\npas au Canada. Donc, j\u2019ai pris mes notes de cours comme point de d\u00e9part, mais\nj\u2019ai d\u00fb ajouter beaucoup de choses \u00e0 ces notes et lire autour. J\u2019\u00e9tais \u00e0 jour\ndans mes lectures sur le Qu\u00e9bec, mais il y avait de grands pans de\nl\u2019historiographie sur le Nord, sur l\u2019Ouest, o\u00f9 j\u2019avais du rattrapage \u00e0 faire.\nMon id\u00e9e, c\u2019\u00e9tait de faire un livre qui retracerait l\u2019\u00e9volution de la famille\net <em>des <\/em>familles \u2013 c\u2019est vraiment\ncette id\u00e9e de la famille, mais aussi du v\u00e9cu des familles au pluriel \u2013, sur une\nlongue p\u00e9riode, sur cinq si\u00e8cles, en tenant compte de la diversit\u00e9 des\nconfigurations familiales \u00e0 chaque \u00e9poque, en tenant compte du Qu\u00e9bec, de ce\nqu\u2019on appelle le Canada anglais, des histoires autochtones aussi \u2013 les\nhistoires <em>des<\/em> Autochtones, mais aussi\nces histoires publi\u00e9es plus r\u00e9cemment par des historien\u00b7ne\u00b7s autochtones qui\nnous am\u00e8nent \u00e0 voir tout le reste autrement. Et donc, le d\u00e9fi que je me suis\ndonn\u00e9, c\u2019\u00e9tait d\u2019essayer de concilier au sein d\u2019un m\u00eame ouvrage ces diff\u00e9rentes\nhistoires sur une longue p\u00e9riode. Et de montrer que la famille, que les familles\nont toujours \u00e9t\u00e9 en interaction avec d\u2019autres institutions. Quand tu as dit que\nl\u2019ouvrage offrait une histoire du Canada \u00e0 travers la famille, je crois que\nc\u2019est tr\u00e8s juste parce que ce que je voulais surtout montrer, ce n\u2019\u00e9tait pas la\nfamille ou les familles en vase clos, mais vraiment comment les familles ont\ntoujours interagi avec l\u2019\u00c9tat, le syst\u00e8me judiciaire, les \u00c9glises, le march\u00e9 du\ntravail, avec des institutions que vous connaissez bien au CHRS, les asiles,\nles h\u00f4pitaux&#8230; Ces institutions ont agi sur la famille, et la famille a\nr\u00e9pondu ou r\u00e9agi.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>PG&nbsp;: <\/strong>Dans cet ouvrage, tu \u00e9vites les\nclich\u00e9s, les mani\u00e8res trop rapides de r\u00e9sumer une exp\u00e9rience majoritaire. C\u2019est\ntoujours dans les nuances, dans la diversit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience. Je pense que\nc\u2019est une des qualit\u00e9s de ce livre. Est-ce que c\u2019est pour cette raison-l\u00e0 que\nla notion d\u2019une famille contemporaine \u00e9clat\u00e9e n\u2019y figure pas? On entend souvent\nque les familles de nos jours sont plus \u00e9clat\u00e9es, moins unies que celles d\u2019il y\na quelques g\u00e9n\u00e9rations. C\u2019est une impression largement diffus\u00e9e dans les\nm\u00e9dias, renforc\u00e9e par certains \u00e9crits \u2013 je pense \u00e0 Daniel Dagenais, en 2000, <em>La fin de la famille moderne<\/em>. J\u2019aimerais\nt\u2019entendre r\u00e9pondre \u00e0 cela en tant qu\u2019historienne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>MF&nbsp;: <\/strong>\u00c7a fait partie des id\u00e9es re\u00e7ues qu\u2019on\nrencontre chez nos \u00e9tudiant\u00b7e\u00b7s. Les \u00e9tudiant\u00b7e\u00b7s qui ne sont pas forc\u00e9ment en\nhistoire arrivent dans mon cours et s\u2019attendent \u00e0 ce que ce soit une histoire\nheureuse jusqu\u2019\u00e0 environ 1970, quand tout \u00e9clate. Une partie de ma t\u00e2che\np\u00e9dagogique \u2013 et je pense qu\u2019\u00e9crire une synth\u00e8se est aussi p\u00e9dagogique \u2013, c\u2019est\nde montrer que c\u2019est plus complexe que \u00e7a. <\/p>\n\n\n\n<p>Je pense qu\u2019il\ny a effectivement un moment de rupture dans les ann\u00e9es 1970, mais c\u2019est plut\u00f4t\nune rupture au niveau de l\u2019acceptabilit\u00e9 sociale d\u2019une multiplicit\u00e9 de\nconfigurations familiales. Je crois que pendant tr\u00e8s longtemps au Qu\u00e9bec, au\nCanada et ailleurs, ce mod\u00e8le d\u2019un gagne-pain masculin, d\u2019une femme mari\u00e9e \u00e0 la\nmaison, des enfants de plus en plus d\u00e9pendants au tournant du 20<sup>e<\/sup>\nsi\u00e8cle, \u00e0 l\u2019\u00e9cole et non pas \u00e0 l\u2019usine, je pense que ce mod\u00e8le a eu beaucoup de\npoids social \u2013 un poids social renforc\u00e9 par le judiciaire, par le politique\naussi \u2013, mais ce n\u2019\u00e9tait pas un mod\u00e8le qui d\u00e9crivait de mani\u00e8re juste le v\u00e9cu\nde toutes les familles. On a toujours eu, au Canada comme ailleurs, diff\u00e9rentes\nformes familiales. Des veuves ou des veufs \u00e0 la t\u00eate des familles, des couples\nsans enfants, des couples avec enfants adopt\u00e9s informellement ou l\u00e9galement,\ndes familles reconstitu\u00e9es. Je crois que ce qui change autour des ann\u00e9es 1970,\nc\u2019est que l\u2019acceptabilit\u00e9 sociale d\u2019une plus grande vari\u00e9t\u00e9 de formes\nfamiliales devient plus pr\u00e9sente, et elle est accompagn\u00e9e de changements\npolitiques et juridiques importants.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>PG&nbsp;:<\/strong> Quelle est la diff\u00e9rence la plus\nfondamentale et importante entre la vie familiale au Canada en 1901 et en 2001?\nQuelle est la mutation la plus significative v\u00e9cue par les familles canadiennes\nau cours du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>MF&nbsp;: <\/strong>Je nommerais trois changements principaux.Le premier, c\u2019est l\u2019importance de\nl\u2019intervention \u00e9tatique au sein de la famille, que je consid\u00e8re comme un\nchangement majeur qui commence avant 1901, mais qui est un ph\u00e9nom\u00e8ne tr\u00e8s\nimportant au 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. <\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me\nchangement majeur, c\u2019est le r\u00f4le des femmes au sein de la famille. Et l\u00e0,\nj\u2019\u00e9voquerais ce qu\u2019on appelle les deux vagues f\u00e9ministes, tant le mouvement de\nla fin du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle que celui des ann\u00e9es 1960-1970, qui ont amen\u00e9\nun certain nombre de changements et qui ont fait en sorte que le mariage comme\ninstitution, la famille comme institution, soient, je crois, plus d\u00e9mocratiques\nqu\u2019en 1901 sur plusieurs plans.<\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me\nchangement serait le r\u00f4le et le statut des enfants. On voit une d\u00e9pendance\naccrue des enfants au cours du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, ils deviennent d\u00e9pendants\nde leurs parents et de l\u2019\u00c9tat. Puis, il y a plusieurs historien\u00b7ne\u00b7s qui ont\n\u00e9crit sur ce ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019acquisition de droits par les enfants, le fait\nqu\u2019ils soient prot\u00e9g\u00e9s, d\u00e9pendants, qu\u2019ils ne soient plus tenus de travailler,\nqu\u2019ils soient envoy\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Tout \u00e7a me semble important. Ce qui ne veut\npas dire que les enfants sont moins vuln\u00e9rables qu\u2019en 1901. Je pense que la\nvuln\u00e9rabilit\u00e9 des enfants est un ph\u00e9nom\u00e8ne qui persiste, mais je crois qu\u2019il y\na un changement dans la mani\u00e8re dont on per\u00e7oit les enfants au cours de ce\nsi\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>PG&nbsp;: <\/strong>L\u2019id\u00e9e des synth\u00e8ses th\u00e9matiques me\npara\u00eet fort int\u00e9ressante, notamment pour l\u2019enseignement. Ce n\u2019est pas ta\npremi\u00e8re exp\u00e9rience comme autrice d\u2019un ouvrage de synth\u00e8se th\u00e9matique&nbsp;: tu\nas aussi particip\u00e9 \u00e0 <em>Canadian\nWomen&nbsp;: A History<\/em>. J\u2019aimerais t\u2019entendre sur les ressemblances et\ndivergences entre cette d\u00e9marche historienne qu\u2019est la pr\u00e9paration d\u2019un ouvrage\nde synth\u00e8se et la d\u00e9marche \u00e0 laquelle on est form\u00e9 aux \u00e9tudes sup\u00e9rieures,\nc\u2019est-\u00e0-dire la pr\u00e9paration d\u2019une monographie sp\u00e9cialis\u00e9e \u00e0 partir de sources\nprimaires. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>MF&nbsp;:<\/strong> Effectivement, c\u2019est tr\u00e8s diff\u00e9rent de\nmes autres travaux, surtout que j\u2019ai souvent travaill\u00e9 sur des moments tr\u00e8s\npr\u00e9cis de l\u2019histoire, donc la d\u00e9marche que j\u2019ai toujours privil\u00e9gi\u00e9e et que\nj\u2019aime toujours, c\u2019est de prendre un moment et de l\u2019explorer sous toutes ses\nfacettes, sous diff\u00e9rents angles. C\u2019est vrai, donc, que l\u2019exercice d\u2019\u00e9crire une\nsynth\u00e8se est un peu diff\u00e9rent. Quand on d\u00e9cide de r\u00e9diger une synth\u00e8se, il faut\nfaire le deuil de l\u2019exhaustivit\u00e9. Ce n\u2019est pas si facile. Je me r\u00e9veillais la\nnuit en pensant \u00e0 tout ce qui aurait pu faire partie de cet ouvrage et qui\nn\u2019est pas l\u00e0. <\/p>\n\n\n\n<p>Et en m\u00eame temps, si on prend l\u2019exemple de <em>Canadian Women&nbsp;: A History, <\/em>que tu as \u00e9voqu\u00e9, c\u2019est un ouvrage de 650 pages. Peu de gens, je crois, lisent ces 650 pages d\u2019une couverture \u00e0 l\u2019autre. Je pense que c\u2019est davantage un ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence, qu\u2019on va consulter au besoin. Avec <em>Of Kith and Kin, <\/em>je voulais plut\u00f4t faire quelque chose qu\u2019on ne pourrait peut-\u00eatre pas lire d\u2019un seul trait, mais qui aurait quand m\u00eame sa propre logique, des arguments, et qui, sans couvrir tout, am\u00e8nerait les lecteurs\u00b7trices \u00e0 penser et repenser la famille. C\u2019\u00e9tait \u00e7a, le but. J\u2019avais des mod\u00e8les en t\u00eate, dont certaines des <em>Br\u00e8ve histoire<\/em> publi\u00e9es chez Bor\u00e9al, celles qui portent sur de tr\u00e8s longues p\u00e9riodes. Je pense au livre de Denyse Baillargeon sur les femmes, celui de Lucia Ferretti sur l\u2019\u00c9glise catholique au Qu\u00e9bec, o\u00f9 on a une longue p\u00e9riode, un lieu, et une seule vitrine. Ce n\u2019est pas que la famille est un pr\u00e9texte pour voir tout le reste, mais on voit tout le reste \u00e0 travers la famille.<\/p>\n\n\n\n<p>Et dans les\ndeux ouvrages que je viens de mentionner, on sent aussi la pr\u00e9sence de\nl\u2019autrice. En tant que lectrice, \u00e7a me semble int\u00e9ressant. Donc, je ne voulais\npas que ce soit comme un manuel, lisse, avec des faits incontestables. Je\nvoulais plut\u00f4t montrer le caract\u00e8re construit de nos connaissances. M\u00eame si ce\nn\u2019est pas une monographie ou un article, je tenais par exemple \u00e0 nommer les\nnoms des chercheur\u00b7e\u00b7s cit\u00e9\u00b7e\u00b7s. Et \u00e7a, \u00e7\u2019a \u00e9t\u00e9 un petit combat avec mon\n\u00e9ditrice \u2013 qui est d\u2019ailleurs merveilleuse&nbsp;\u2013, qui m\u2019a dit&nbsp;:\n\u00ab&nbsp;C\u2019est tr\u00e8s bien, mais enl\u00e8ve tous ces noms-l\u00e0.&nbsp;\u00bb Pour moi, c\u2019\u00e9tait\nimportant de conserver ces noms dans le texte, pour reconna\u00eetre le travail de\nmes coll\u00e8gues, mais aussi pour dire&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00c7a, c\u2019est une interpr\u00e9tation\nde quelqu\u2019un. C\u2019est comme \u00e7a que l\u2019histoire se construit et ce n\u2019est pas\nincontestable, on peut la r\u00e9viser plus tard.&nbsp;\u00bb J\u2019ai essay\u00e9 aussi de\nmontrer les lacunes dans nos connaissances, dans l\u2019historiographie, les\ndifficult\u00e9s dans l\u2019interpr\u00e9tation des sources aussi. C\u2019est peut-\u00eatre plus\nflagrant dans le chapitre 2, lorsque je parle des \u00e9crits sur les familles\nautochtones et o\u00f9 j\u2019essaie de d\u00e9cortiquer les motivations des missionnaires, de\nceux qu\u2019on appelle les \u00ab&nbsp;explorateurs&nbsp;\u00bb, par exemple. J\u2019ai tent\u00e9\nd\u2019inclure dans cette synth\u00e8se des questions de nature m\u00e9thodologique ou\n\u00e9pist\u00e9mologique, tout en essayant de garder le tout accessible.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>PG&nbsp;: <\/strong>C\u2019est r\u00e9ussi \u00e0 ce niveau-l\u00e0. J\u2019aimerais\nmaintenant t\u2019entendre sur l\u2019\u00e9tat de ce champ de recherche, l\u2019histoire de la\nfamille, des familles, que ce soit au Canada ou en Occident. O\u00f9 se trouve\nactuellement la discipline historique face \u00e0 l\u2019objet \u00ab&nbsp;famille&nbsp;\u00bb?\nComment a-t-on v\u00e9cu l\u2019int\u00e9r\u00eat croissant pour les objets d\u2019\u00e9tude apparent\u00e9s\ncomme le genre, les \u00e9motions? Est-ce qu\u2019il y a une convergence? Il me semble\nque l\u2019histoire de la famille et des familles a connu une certaine popularit\u00e9\ndans les ann\u00e9es 1970, mais que d\u2019autres champs plus dynamiques se sont\nd\u00e9velopp\u00e9s par la suite.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>MF&nbsp;: <\/strong>Je pense que l\u2019impression que tu\nmentionnes qu\u2019il y a eu un moment tr\u00e8s important pour l\u2019histoire <em>de la <\/em>famille dans les ann\u00e9es 1970 et\nque \u00e7a s\u2019est effrit\u00e9 ensuite, elle doit quelque chose au fait que l\u2019on ne\nd\u00e9finit plus l\u2019histoire de la famille de la m\u00eame mani\u00e8re. Dans les ann\u00e9es\n1960-1970, un certain nombre de chercheur\u00b7e\u00b7s \u00e9taient mobilis\u00e9\u00b7e\u00b7s par les\nchiffres, les statistiques, la d\u00e9mographie historique. Il y avait un engouement\npour le potentiel de ces chiffres, ce qui a fait en sorte qu\u2019un certain type\nd\u2019histoire de la famille \u00e9tait effectivement tr\u00e8s populaire. <\/p>\n\n\n\n<p>Je crois que l\u2019histoire de la famille qui s\u2019est faite depuis a chang\u00e9 de nature. On a abord\u00e9 la famille autrement, souvent en croisant l\u2019int\u00e9r\u00eat pour la famille avec d\u2019autres cadres. Un de mes livres pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s en histoire de la famille demeure celui d\u2019Ellen Ross, <em>Love and Toil<\/em>, qui porte sur les m\u00e8res ouvri\u00e8res \u00e0 Londres. Les m\u00e8res sont montr\u00e9es non pas chez elles, dans la maison, mais pr\u00e8s de la porte. C\u2019est un peu pour cela que j\u2019ai choisi le tableau de Frederick B. Taylor pour la couverture de mon livre&nbsp;: ce tr\u00e8s beau tableau montre la famille non pas \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, mais dans la rue, sur le seuil, sur cette fronti\u00e8re entre le priv\u00e9 et le public, entre le domestique et l\u2019ext\u00e9rieur. C\u2019est ce que fait Ellen Ross dans son livre en montrant toutes les fa\u00e7ons dont la famille est mobile et interagit avec d\u2019autres institutions. Je crois que les tr\u00e8s bons exemples d\u2019histoire de la famille qu\u2019on a vus depuis le moment que tu as d\u00e9crit sont souvent de ce type-l\u00e0. On pourrait penser \u00e0 <em>Wife to Widow<\/em> de Bettina Bradbury ou aux livres de Thierry Nootens, o\u00f9 on voit la famille en interaction avec le syst\u00e8me judiciaire.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire des\n\u00e9motions et l\u2019histoire des sentiments, c\u2019est int\u00e9ressant. Si l\u2019histoire des\n\u00e9motions et de la famille se chevauchent, c\u2019est en partie en raison des\nsources. Les sources que d\u00e9pouillent les historien\u00b7ne\u00b7s des \u00e9motions, souvent,\nsont des \u00e9crits priv\u00e9s, intimes, des journaux intimes, des correspondances, qui\nsont souvent des sources familiales. Donc, je dirais que l\u2019histoire de la\nfamille demeure importante m\u00eame si, souvent, elle est pr\u00e9sent\u00e9e autrement et\nque la fronti\u00e8re entre l\u2019histoire de la famille et l\u2019histoire d\u2019autre chose est\nun peu plus floue.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre\n\u00e9volution dans l\u2019histoire de la famille, c\u2019est que les historien\u00b7ne\u00b7s ont\nd\u00e9cortiqu\u00e9 la famille, ce qui fait qu\u2019on a maintenant beaucoup d\u2019\u00e9tudes des\nenfants, de l\u2019enfance, du p\u00e8re de famille, de la femme mari\u00e9e, o\u00f9 on va \u00e9tudier\ndes \u00e9l\u00e9ments de la famille sans forc\u00e9ment pr\u00e9tendre aborder la famille dans son\nenti\u00e8ret\u00e9. L\u2019histoire de l\u2019enfance est un champ tr\u00e8s dynamique en ce moment.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>PG&nbsp;: <\/strong>Ton livre a une structure\nessentiellement chronologique, mais il y a certains endroits o\u00f9 il y a des\nretours en arri\u00e8re. J\u2019aimerais t\u2019entendre sur ta r\u00e9flexion en mati\u00e8re de\np\u00e9riodisation. Comment es-tu arriv\u00e9e \u00e0 cette structure-l\u00e0? As-tu r\u00e9fl\u00e9chi\nlongtemps \u00e0 tes p\u00e9riodes, l\u2019agencement des dates?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>MF&nbsp;: <\/strong>Pour moi, ce livre est une histoire\npolitique de la famille.C\u2019est comme\n\u00e7a que je le pense. Donc, les dates, les moments de rupture, les s\u00e9parations de\nchapitres suivent essentiellement une chronologie qu\u2019on pourrait qualifier de\npolitique, de socio\u00e9conomique \u00e0 certains moments. 1840, par exemple \u2013 surtout\nau Qu\u00e9bec, mais je crois que \u00e7a fonctionne ailleurs au Canada aussi&nbsp;\u2013,\nc\u2019est un moment tr\u00e8s important sur le plan de la famille, les historien\u00b7ne\u00b7s du\nQu\u00e9bec l\u2019ont soulign\u00e9, mais \u00e7a repr\u00e9sente aussi le d\u00e9but de quelque chose de\nnouveau en termes \u00e9conomiques et politiques. C\u2019est pour \u00e7a que ce moment-l\u00e0,\npour moi, \u00e9tait une rupture.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai deux\nchapitres qui portent essentiellement sur la m\u00eame p\u00e9riode \u2013 1840 \u00e0 1889, et\nensuite 1840 \u00e0 1914 \u2013 parce que je voulais aborder l\u2019industrialisation dans un\nseul chapitre, et ce chapitre est suivi par un chapitre sur la formation de\nl\u2019\u00c9tat. Les deux ph\u00e9nom\u00e8nes me semblaient tellement importants que je ne les ai\npas coup\u00e9s, il me semblait qu\u2019il fallait aborder toute la p\u00e9riode en deux\nparties. Mon analyse est fonci\u00e8rement mat\u00e9rialiste. Il me semble qu\u2019il nous\nfaut ce chapitre sur l\u2019industrialisation pour bien comprendre ce que l\u2019\u00c9tat\ntente de faire dans le chapitre subs\u00e9quent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>PG&nbsp;: <\/strong>C\u2019est int\u00e9ressant aussi de mettre les\ndeux guerres et l\u2019entre-deux-guerres ensemble dans un seul chapitre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>MF&nbsp;: <\/strong>Dans ce chapitre, j\u2019insiste bien s\u00fbr\nsur les deux guerres, sur la crise, sur la mani\u00e8re dont les familles les ont\nv\u00e9cues, mais j\u2019insiste aussi sur ces mesures \u00e9tatiques, modestes au d\u00e9but, qui\ns\u2019amplifient dans les ann\u00e9es 1940. Ensuite, c\u2019est la p\u00e9riode des Trente\nGlorieuses, 1945-1975. Puis, la p\u00e9riode de 1975 \u00e0 2005; j\u2019arr\u00eate avec la\nl\u00e9galisation, ou plut\u00f4t la cr\u00e9ation \u00e9tatique du mariage entre personnes de m\u00eame\nsexe. Et ensuite, le dernier chapitre est un peu l\u00e0 en guise de conclusion, o\u00f9\nje tente de comprendre ce qu\u2019on vit actuellement \u00e0 la lumi\u00e8re de tout ce qu\u2019on\na vu avant. Donc, le dernier chapitre se termine avec la COVID, ce qui tombe\nbien parce que l\u2019une des th\u00e9matiques principales de ce chapitre, c\u2019est la\nvieillesse, le vieillissement de la population. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>PG&nbsp;:<\/strong> Tu as pr\u00e9par\u00e9 ce livre dans la foul\u00e9e\ndes travaux de la Commission de v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9conciliation et de ses 94 appels \u00e0\nl\u2019action. L\u2019exp\u00e9rience des peuples autochtones et notamment la sp\u00e9cificit\u00e9 de\nleurs syst\u00e8mes de parent\u00e9 est tr\u00e8s pr\u00e9sente dans ton livre, au centre du r\u00e9cit\net non pas dans les marges. Peux-tu nous parler de ce que tu as appris \u00e0 ce\nniveau-l\u00e0, peut-\u00eatre en insistant sur certains effets du colonialisme\nd\u2019implantation, sur les formes et les valeurs familiales autochtones?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>MF&nbsp;: <\/strong>C\u2019est s\u00fbrement le sujet qui m\u2019a le plus permis d\u2019apprendre en \u00e9crivant. La grande d\u00e9couverte historiographique qui m\u2019a beaucoup emball\u00e9e, ce sont les travaux assez r\u00e9cents sur les familles cr\u00e9\u00e9es par la traite des fourrures. Je parle non pas du peuple m\u00e9tis des Plaines, mais plut\u00f4t de ces familles autour des Grands Lacs. Je pense entre autres aux travaux de Nicole Saint-Onge, qui sont vraiment fabuleux. Elle a publi\u00e9 en 2019 un article o\u00f9 elle retrace quatre g\u00e9n\u00e9rations de familles franco-anishinaabeg. L\u2019imbrication de la traite des fourrures, des formes familiales, des traditions catholiques issues de la vall\u00e9e du Saint-Laurent, pour moi, \u00e7\u2019a \u00e9t\u00e9 une d\u00e9couverte emballante. Ces travaux pourraient \u00eatre mis en relation avec ceux plus anciens de Richard White, ceux de Gilles Havard sur les Pays-d\u2019en-Haut. Mais effectivement, c\u2019\u00e9tait important pour moi que ces histoires autochtones soient pr\u00e9sentes tout au long du livre, et pas simplement dans le premier et dans le dernier chapitre. <\/p>\n\n\n\n<p>Je trouve qu\u2019il y a beaucoup de travaux int\u00e9ressants qui se font dans l\u2019Ouest du pays en ce moment et qui portent sur l\u2019Ouest du pays. Deux ouvrages que j\u2019ai beaucoup aim\u00e9s et qui prennent beaucoup de place dans ma synth\u00e8se&nbsp;: le livre de Maureen Lux sur les h\u00f4pitaux qu\u2019on appelait <em>Indian Hospitals <\/em>\u00e0 l\u2019\u00e9poque, et les travaux de Mary Jane McCallum sur le travail r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 des femmes autochtones au 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Ce sont des p\u00e9riodes beaucoup plus r\u00e9centes o\u00f9 j\u2019ai beaucoup appris. Ce qui est fascinant chez Lux, dans ce livre sur les h\u00f4pitaux pour patients autochtones, c\u2019est qu\u2019au moment m\u00eame o\u00f9 l\u2019\u00c9tat-providence canadien est en pleine expansion, o\u00f9 on est en train d\u2019attribuer des droits aux Eurocanadiens, de b\u00e2tir un syst\u00e8me de sant\u00e9 suppos\u00e9ment universel, on est aussi en train de cr\u00e9er un syst\u00e8me de sant\u00e9 parall\u00e8le pour les personnes autochtones. Ces livres-l\u00e0 nous obligent \u00e0 remettre en question ce r\u00e9cit un peu glorieux de l\u2019apr\u00e8s-guerre et de cet investissement de la part de l\u2019\u00c9tat. On peut mettre en parall\u00e8le l\u2019obligation scolaire dans toutes les provinces canadiennes pour les enfants eurocanadiens et ces pensionnats autochtones qui perdurent en m\u00eame temps et qui sont g\u00e9r\u00e9s non pas par les provinces, mais par le f\u00e9d\u00e9ral et les \u00c9glises. C\u2019est important d\u2019insister sur le fait que ces syst\u00e8mes parall\u00e8les ne sont pas des vestiges du pass\u00e9, qu\u2019ils sont nouveaux au 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Ces d\u00e9couvertes nous obligent \u00e0 repenser plusieurs de ces r\u00e9cits.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>PG&nbsp;: <\/strong>Pourrais-tu nous donner une d\u00e9finition\ndu mot <em>kith?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>MF\u00a0: <\/strong>C\u2019est un mot du vieil anglais. Donc, <em>kin, <\/em>c\u2019est la parent\u00e9. <em>Kith, <\/em>c\u2019est la parent\u00e9, mais ce sont aussi les amis proches, les connaissances, les gens du village, de la localit\u00e9, de la r\u00e9gion. Il y a cet aspect d\u2019identification \u00e0 un territoire. Une de mes pr\u00e9occupations tout au long du livre \u00e9tait de montrer que la famille change de forme et de r\u00f4le, mais qu\u2019elle n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 limit\u00e9e aux parents, aux liens biologiques. C\u2019est beaucoup plus important que \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>Et plus tard dans le livre, quand on arrive \u00e0 la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, je parle de la notion de famille choisie, popularis\u00e9e par l\u2019anthropologue am\u00e9ricaine Kath Weston pour \u00e9voquer les noyaux familiaux construits et choisis par les personnes LGBTQ+. Ces liens sont tout aussi importants et peut-\u00eatre parfois plus durables que les liens proprement familiaux. Donc, je pense que cette id\u00e9e de <em>kith, <\/em>ce sont les liens familiaux qui vont bien au-del\u00e0 des liens de sang. Je pense que cette id\u00e9e est pr\u00e9sente jusqu\u2019\u00e0 la toute fin. Dans ma conclusion, je me demande qu\u2019est-ce que la famille, en fin de compte. Je m\u2019inspire de la chercheuse Katie Barclay, historienne des \u00e9motions et de l\u2019enfance qui a \u00e9crit un tr\u00e8s bel article sur les enfants ill\u00e9gitimes en \u00c9cosse au 18<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Elle dit que finalement, il y a les gens que l\u2019on <em>care for <\/em>(dont on prend soin) et les gens que l\u2019on <em>care about<\/em> (dont on se soucie). Est-ce que les deux font partie de la famille? Tout est dans la pr\u00e9position, mais c\u2019est int\u00e9ressant comme distinction.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Texte de Kathleen Villeneuve, \u00e9tudiante \u00e0 la ma\u00eetrise en histoire (Universit\u00e9 de Montr\u00e9al)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Liste des r\u00e9f\u00e9rences mentionn\u00e9es<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li> Magda Fahrni, <em>Household Politics: Montreal Families and Postwar Reconstruction<\/em>. Toronto, University of Toronto Press, 2005. <\/li><li> Daniel Dagenais, <em>La fin de la famille moderne. Signification des transformations contemporaines de la famille<\/em>. Sainte-Foy, Les Presses de l&rsquo;Universit\u00e9 Laval, 2000. <\/li><li>Gail Cuthbert Brandt, Naomi Black, Paula Bourne, Magda Fahrni, <em>Canadian Women : A History<\/em> (3e \u00e9dition). Toronto, Nelson Education Limited, 2010.<\/li><li>Denyse Baillargeon, <em>Br\u00e8ve histoire des femmes au Qu\u00e9bec<\/em>.&nbsp; Montr\u00e9al, Bor\u00e9al, 2012.<\/li><li>Lucia Ferretti, <em>Br\u00e8ve histoire de l\u2019\u00c9glise catholique au Qu\u00e9bec<\/em>.&nbsp; Montr\u00e9al, Bor\u00e9al, 1999.<\/li><li>Ellen Ross, <em>Love and Toil: Motherhood in Outcast London<\/em>.&nbsp; New York, Oxford University Press, 1993.<\/li><li>Bettina Bradbury, <em>Wife to Widow: Lives, Laws, and Politics in Nineteenth-Century Montr\u00e9al<\/em>. Vancouver, UBC Press, 2011.<\/li><li>Thierry Nootens, <em>Fous, prodigues et ivrognes. Familles et d\u00e9viance \u00e0 Montr\u00e9al au XIXe si\u00e8cle<\/em>.&nbsp; Montr\u00e9al, McGill-Queen\u2019s University Press, 2007.<\/li><li>Thierry Nootens, <em>Genre, patrimoine et droit civil. Les femmes mari\u00e9es de la bourgeoisie qu\u00e9b\u00e9coise en proc\u00e8s, 1900-1930<\/em>.&nbsp; Montr\u00e9al, McGill-Queen\u2019s University Press, 2018.<\/li><li>Nicole St-Onge, \u00ab Le poste de La Pointe sur l\u2019\u00eele Madeline, tremplin vers le monde franco-anichinab\u00e9 de la traite des fourrures \u00bb<em>, Revue d\u2019histoire de l\u2019Am\u00e9rique fran\u00e7aise<\/em>, 73, no. 1-2, (2019).<\/li><li>Richard White, <em>Le Middle Ground. Indiens, empires et r\u00e9publiques dans la r\u00e9gion des Grands Lacs, 1650-1815<\/em>, trad. de l\u2019anglais par Fr\u00e9d\u00e9ric Cotton.&nbsp; Toulouse, Anacharsis \u00c9ditions, 2020 [1991].<\/li><li>Gilles Havard, <em>Empire et m\u00e9tissages. Indiens et Fran\u00e7ais dans le Pays d\u2019en Haut, 1660-1715<\/em>, 2<sup>e<\/sup> \u00e9dition.&nbsp; Qu\u00e9bec, Septentrion, 2017.<\/li><li>Maureen K. Lux, <em>Separate Beds: A History of Indian Hospitals in Canada, 1920s-1980s<\/em>.&nbsp; Toronto, University of Toronto Press, 2016.<\/li><li>Mary Jane Logan McCallum, <em>Indigenous Women, Work, and History, 1940-1980<\/em>.&nbsp; Winnipeg, University of Manitoba Press, 2014.<\/li><li>Kath Weston, <em>Families We Choose: Lesbians, Gays, Kinship<\/em>.&nbsp; New York, Columbia University Press, 1991.<\/li><li>Katie Barclay, \u201cLove, Care and the Illegitimate Child in Eighteenth-Century Scotland,\u201d <em>Transactions of the Royal Historical Society<\/em>, 29 (2019) :105-125.<\/li><\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peter Gossage s\u2019est entretenu avec Magda Fahrni \u00e0 l\u2019occasion du lancement de son plus r\u00e9cent ouvrage le 2 juin dernier. <\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":9975,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[593,12],"class_list":["post-10095","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-blogue","tag-kathleen-villeneuve","tag-peter-gossage"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10095","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10095"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10095\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9975"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10095"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10095"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chrs.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10095"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}