Institut des Sourdes-Muettes

Autre appellations
Congrégation / associationSoeurs de la Providence
ButInstitut pour les filles sourdes-muettes
Fondation1851
Institution des Sourdes-Muettes, Gaspard Dauth et al., 1901, BAnQ

En 1851, la Sœur Marie de Bonsecours, de la congrégation des Sœurs de la Providence, accueille sur la ferme St-Isidore, à la Longue-Pointe, une jeune fille sourde-muette orpheline de mère. Rapidement, plusieurs autres jeunes filles sourdes-muettes sont prises en charge par les Sœurs dans les modestes bâtiments de la ferme. Dès la fin de 1852, la Sœur de Bonsecours et une collègue se rendent auprès des Clercs Saint-Viateur, à Joliette, ainsi qu’à une institution de New York afin d’étudier les méthodes d’enseignements auprès des jeunes sourds-muets. À leur retour, l'œuvre accueille un nombre grandissant de jeunes filles malentendantes, et les locaux deviennent rapidement trop petits.

En 1858, l'oeuvre loge temporairement à l'Hospice Saint-Joseph-de-la-Providence. Elle y demeure jusqu’en 1864, lorsqu’est inauguré le nouvel Institut des sourdes-muettes. En 1863, grâce à l’appui de l’évêque de Montréal, les Sœurs reçoivent un terrain situé sur la rue Saint-Denis. Elles y font construire un vaste édifice au milieu des champs. La nouvelle institution a pour mission d’assurer l’instruction des personnes sourdes-muettes, et d’héberger certaines d'entre elles. Outre l'enseignement religieux et général, l'institution dispose d'ouvroirs où les élèves apprennent des tâches manuelles qui pourront leur être utiles une fois adulte. On leur enseigne notamment le tricot, le blanchissage, le filage et la cordonnerie. Dans les années 1880, l’institution héberge 300 personnes, âgées de 5 à 60 ans. Comme l’Institut est le seul en son genre au Canada, il doit souvent refuser d'accueillir des pensionnaires, faute d’espace.

Après plus d’un siècle d’activité, l’Institut des Sourdes-Muettes ferme ses portes en 1974. Les plus jeunes pensionnaires sont alors intégrés au système scolaire public. L’avenir de cet important édifice patrimonial, symbole de la culture sourde, est aujourd’hui incertain.